
Par Guy Martial Tchinda
Sandrine Ngué n’en peut plus des misères que lui font vivre les moustiques. Entre piqûres et nuisances sonores que lui infligent ces insectes, cette riveraine du quartier Damase dans l’arrondissement de Yaoundé 3e passe un sale temps depuis plus de deux semaines. « Il y a tellement de moustiques ces derniers temps. Je n’ai pas vécu pareille situation depuis près de cinq ans. Ça devient intenable», se plaint cette quarantenaire. « Ces insectes piquent à tout moment, y compris en journée. Les enfants se plaignent des démangeaisons. Quand on se couche la nuit, c’est difficile de dormir puisqu’ils «chantent» sans cesse. », ajoute-t-elle.
À un taxi de là, au lieu-dit Efoulan Lac, Isaac M. vit le même calvaire. « On dirait que tous les moustiques de Yaoundé se sont organisés en orchestre et c’est chez moi qu’ils s’entraînent », ironise-t-il. A tort ou à raison, d’aucuns attribuent cette invasion de moustiques à l’accumulation des ordures un peu partout dans la ville. « Même en pleine journée dans mon salon, il y a des moustiques. Je pense qu’ils proviennent des tas d’immondices qui s’accumulent dans la ville. J’ai l’impression que le ramassage de ces ordures connaît des perturbations. Il y en a partout », croit savoir Jeannette J, rencontrée au quartier Ekounou dans l’arrondissement de Yaoundé 4 hier 9 janvier.
Cette sexagénaire a dû trouver une astuce pour protéger la maisonnée des piqûres. « Chez moi, tout le monde dort systématiquement sous une moustiquaire. Toutes les chambres en disposent. À une certaine heure même, pour regarder la télévision, je fais installer une moustiquaire au salon», explique-t-elle. Comme elle, d’autres habitants de Yaoundé ont opté pour des moustiquaires pour se protéger contre les moustiques. Mais face à cette solution qui présente des limites du point de vue géographique, certains se tournent vers d’autres issues. «J’utilise les insecticides en aérosols. Quand je n’ai pas assez d’argent pour en acheter, je prends ceux en spirales ou en forme de capsules que je brûle. Ils sont moins coûteux, mais leur fumée parvient dans tous les coins et recoins de la maison. De cette façons, il est certain que tous les moustiques, y compris le plus cachés, seront touchés », explique Florence.
Depuis le début du mois de décembre, Yaoundé connaît une explosion de moustiques. Des insectes qui, selon l’espèce, transmettent de nombreuses maladies, notamment le paludisme, chikungunya, dengue, Zika, encéphalite japonaise, fièvre du Nil occidental. L’Organisation mondiale de la santé recommande, entre autres, la lutte antivectorielle pour en limiter le nombre. Une intervention planifiée dans le Plan stratégique de lutte contre le paludisme au Cameroun, mais qui reste peu accessible du fait du coût élevé de sa mise en œuvre.



