La conférence sur les droits des enfants et adolescents organisée à la faculté des arts, lettres et sciences humaines (Falsh) en partenariat avec la Commission des droits de l’homme du Cameroun (Cdlc) visait à sensibiliser la communauté universitaire sur la prise en compte des personnes atteintes d’un handicap dans l’enseignement supérieur.

Sébastian Chi Elvido
Selon le professeur Martin Paul Ango Medjo, Doyen de la Faculté des arts, lettres et sciences humaines (Falsh) de l’université de Bertoua dans la région de l’Est, sur les centaines d’étudiants inscrits dans cette faculté ouverte cette année, « aucun cas d’étudiant handicapé n’a été enregistré mais les dispositions doivent être prises pour répondre aux besoins des futurs étudiants en situation d’handicape ». S’exprimant au cours de la conférence sur les droits des enfants et adolescents, enseignement supérieur face aux défis de l’inclusion : cas des langages des signes et du braille tenue à l’amphi 500 de la Falsh le 07 décembre 2023, le professeur Martrin Paul Ango Medjo a fait des recommandations spécifiques pour faciliter le séjour des étudiants handicapés à l’université de Bertoua. Il s’agit entre autres « de la conception des prothèses auditives modernes dans les grandes écoles d’ingénieurs, former les orthopédistes qualifiés, former les rééducateurs ou les facilitateurs à la communication (interprètes en langue des signes), la conception des systèmes lumineux ou vibrants modernes, imaginer des téléphones fixes amplifiés, imaginer des ordinateurs, téléphones, tableaux, tactiles en braille, élargir le réseau internet, aménagement de poste, siège et table ergonomiques, aménagement du lieu de travail et de son accessibilité, rampe d’accès et l’aménagement de véhicule ». En outre l’orateur a recommandé la prévision des systèmes d’agrandissement des écritures pour les supports de cours, cahiers de composition et épreuves d’examen, la mise en place dans les amphithéâtres et salles de cour TD et TP un système de synthèses vocale et la distribution des barrettes braille comme on l’a fait avec les 500.000 ordinateurs. A son tour, le professeur Roger Mboula Meva’a a dans son exposé intitulé « mutations pédagogiques et généralisation de l’inclusion académique dans l’enseignement supérieur au Cameroun : un enjeu pour un milieu université plus juste insisté sur la nécessité d’accentuer la formation des enseignants du supérieur à la pédagogie de l’inclusion.
Dans son discours d’ouverture, le vice-recteur de l’université de Bertoua a affirmé que depuis sa création, l’université de Bertoua a lancé la guerre contre l’exclusion et s’engage à ne laisser aucun sentiment d’exclusion car les handicapés doivent recevoir la même éducation comme les autres. Mais cette prise en compte pense-t-il, nécessite l’augmentation des enseignants, les infrastructures et les équipements adaptés.
Selon Amany Tchoutat, chef d’antenne de la commission des droits de l’homme du Cameroun (Cdhc) pour l’Est, « cette conférence fait suite à la recommandation de la Cdhc aux établissements de prendre en charge l’inclusion dans les programmes de formation des handicapés.
A titre de rappel, selon l’organisation mondiale de la santé (Oms), environ 15% de la population est porteuse d’un handicap, soit un peu près d’un milliard de personnes. Et les enfants africains constituent la couche la plus importante de ces handicapés. En plus, 95% de ces enfants vivent dans les pays pauvres à l’instar du Cameroun. Tous ces enfants et adolescents parfois discriminés souffrent d’un problème d’éducation. Pourtant de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 aux objectifs de développement durable (Odd) de 2015en passant par plusieurs conventions et conférences, la question de l’éducation des personnes souffrant d’handicap a été encadrée par les lois. Malheureusement la prise en compte des handicapés n’est toujours pas une réalité dans l’enseignement supérieur d’où cette opération de sensibilisation.



