Le Plan stratégique national du Cameroun en faveur de lutte contre cette maladie connaît un gap de plus de 60%.

Par Guy Martial Tchinda
Entre 2020 et 2023, le nombre de cas de tuberculose notifiés au Cameroun est allé crescendo. L’on est passé de 22492 à 25722. Une augmentation de 3230. Une hausse qui se justifie, selon le Programme national de lutte contre la tuberculose qui, qui explique la baisse de la notification des cas entre 2019 et 2020 par la pandémie à Coronavirus qui a entraîné la baisse de la fréquentation des formations sanitaires.
Si le pays peut se réjouir de cette hausse de la notification qui se justifie aussi par la mise en œuvre du projet Intensified TB case Finding (ICF) – qui consiste en des activités qui visent à rechercher activement les cas de tuberculose systématiquement dans toutes les portes d’entrées des formations sanitaires, il connaît malheureusement un gap financier important qui l’empêche de mettre en œuvre toutes les activités programmées dans le plan stratégique national de lutte contre cette maladie. Le secrétaire permanent du Programme national de lutte contre la tuberculose l’a déploré face à la presse le 12 mars dernier.
En effet, le déficit financier pour la mise en œuvre des activités à haut impact est estimé à 63%. « Avec plus de 60% de gap, on ne peut pas déployer toutes les stratégies d’intervention », déclare le Dr Annie Bisso Ngono, Secrétaire permanent du Programme national de lutte contre la tuberculose. Le pays voudrait pourtant contribuer à la fin de l’épidémie globale de la tuberculose en facilitant l’accès à un diagnostic et une prise en charge de toutes les formes de la tuberculose et en promouvant la prévention de la maladie.
Dans ce sens, il vise, à l’horizon 2026, de réduire de 30% la proportion de décès dus à la tuberculose (par rapport à 2021), de réduire de 30% le taux de l’incidence (par rapport à 2021) et de réduire à moins 10% la proportion des familles qui supportent des coûts catastrophiques dus à la tuberculose. Des objectifs qui ne peuvent être atteints que s’il y a une amélioration des financements.



