Transition écologique : L’engagement de l’Extrême-Nord

Une série d’activités y ont été organisées pour sensibiliser les jeunes sur cette problématique et évaluer le projet de valorisation et d’autonomisation des femmes victimes de la crise sécuritaire.


Le temps de la réflexion.

Par Michel Ferdinand


Le séjour dans la région de l’Extrême-Nord de l’équipe conduite par le président du Conseil pour le suivi des recommandations du nouveau Sommet Afrique-France et du Think Do Tank The Okwelians, Me Jacques Jonathan Nyemb, a été mis à profit pour superviser quelques projets qui y sont implémentés et organiser une conférence sur la transition écologique autour du thème « Transition écologique : défis et enjeux de l’implication des jeunes ».

Une mission de supervision qui a été sur le terrain le 12 avril 2024 dans la Commune de Mogodé, département du Mayo-Tsanaga, en vue d’apprécier l’évolution du projet de lutte contre la destruction des sols dans le Septentrion. Le projet est porté par le consortium Jeunesse émergente et républicaine du Cameroun (Jerc) et l’association Citoyen pour la promotion du Cameroun (Cpmc).

Les membres de la mission ont échangé avec cinq bénéficiaires du projet, ainsi que l’expert en charge de la formation sur l’impact du projet dans la protection des sols. A cette étape, Me Jacques Jonathan Nyemb a insisté sur le fait que les participants à cette rencontre « ne doivent pas seulement voir la transition écologique comme climatique, mais aussi comme entrepreneuriat vert ». Tout comme il les a invités à y associer les femmes et les jeunes. Si les participants ont posé quelques problèmes tels que le manque d’eau et d’un espace d’expression des jeunes, ils n’ont pas hésité, en termes de perspectives, « de faire du Cameroun un pôle mondial en matière de transition écologique, à créer une antenne de l’Institut Afrique-Europe innovation verte dans la région de l’Extrême-Nord et identifier les filières qui feront du Cameroun une puissance industrielle ». Les travaux de groupe leur ont « également permis d’en savoir davantage sur les dangers de l’utilisation des engrais chimiques et la nécessité de pratiquer une agriculture écologique ». Ils ont opté pour le compostage et la sensibilisation des autres agriculteurs. La conférence sur la transition écologique organisée le même jour à la salle de conférence du Conseil régional de l’Extrême-Nord à Maroua et suivie par près de 140 jeunes, a été l’occasion pour Me Nyemb de présenter les piliers de la transition écologique durable. Il s’agit des villes durables (accès sur la bonne gouvernance), l’entrepreneuriat vert (création de 800 000 emplois par an avec l’engagement de la jeunesse) et l’équité sociale. Au rang des perspectives et recommandations, il y a par exemple un plaidoyer des personnes handicapées afin qu’elles soient davantage prises en compte dans les programmes de The Okwelians.

La veille, 11 avril, la même équipe a supervisé le projet de valorisation et d’autonomisation des femmes victimes de crise sécuritaire à Aissa-Hardé, département du Mayo-Sava. Les échanges ont impliqué vingt bénéficiaires du projet et le chef du village. On en retient qu’il faut mettre l’accent sur la pérennisation de la démarche à travers la structuration des sociétés coopératives et autres plateformes susceptibles de porter des initiatives économiques autour des chaînes de valeur endogènes de la sous-région dans une perspective d’autonomisation et de cohésion sociale.