Tenkeng Samory Touré : ​La responsabilité est partagée

Secrétaire national à la communication et à la presse du Syndicat des enseignants du Cameroun pour l’Afrique (Seca), il s’exprime sur les récentes décisions de fermeture d’établissements par le ministre des Enseignements secondaires (Minesec).

​Par André Cédric Atangana

​Le ministre des Enseignements secondaires a pris plusieurs décisions instruisant la fermeture de plusieurs établissements scolaires. Comment réagissez-vous ?

Nous sommes au début de l’année 2026-2027. Si ces fermetures visent des écoles ne respectant pas les normes, l’assainissement est nécessaire. Mais il faut aussi comprendre pourquoi certains promoteurs ouvrent sans autorisation : leurs dossiers traînent au ministère depuis un à deux ans. Dans ce cas, nous soutenons ces fondateurs. En revanche, pour les établissements purement clandestins, nous approuvons l’action du gouvernement.

​Comment comprendre que des établissements puissent fonctionner sans autorisation ? Y a-t-il une défaillance de la part de l’État ?

Oui. Il y a un déficit de contrôle et d’accompagnement. Notre administration reste trop passive : elle attend que les promoteurs viennent, au lieu d’anticipation. Le gouvernement a donc failli à sa mission de suivi. Il faut corriger cela pour éviter que des écoles fonctionnent dans la précarité juridique.

​Comment le syndicat accompagne-t-il les enseignants des établissements qui doivent fermer ?

Nous intervenons quand l’État ne joue pas son rôle. Nous accompagnons les fondateurs et les enseignants au cas par cas. Si leurs droits sont violés, nous saisissons le Premier ministre par courrier pour exposer les faits et proposer des solutions. Nous restons mobilisés pour défendre tous ceux qui sont lésés.

​Quelle(s) mesure(s) préconisez-vous pour que l’on n’assiste plus au phénomène d’établissements clandestins ?

La responsabilité est partagée. Aux promoteurs : déposer des dossiers complets ; nous sommes prêts à les accompagner. Au gouvernement : traiter les dossiers avec diligence et transparence. Il faut lever l’ambiguïté actuelle : « nous avons déposé », d’un côté ; « nous étudions », de l’autre. C’est à l’État de clarifier le cadre. C’est à lui de garantir une rentrée sereine pour tous les élèves.