Siarc 2026 : L’art dans toute sa splendeur

Le génie camerounais en vitrine

Le Salon international de l’artisanat du Cameroun qui se tient au Musée national de Yaoundé, met en lumière le savoir-faire des artisans venus du Cameroun et d’ailleurs. 
 
Par Angela Olembe (Stagiaire)
 
Le Musée national est la vitrine du génie artisanal. Le village culturel est teinté d’une variété de créations : denrées alimentaires, produits d’hygiène et de bien-être, sculptures, vêtements, bijoux, meubles et ustensiles de cuisine, tous fabriqués localement. Dans le secteur de l’immobilier, plusieurs artisans exposent leur savoir-faire. Tables, chaises et lits sont confectionnés à partir du bois, parfois associé à des matériaux tels que le cuir, les cornes de bœuf ou le rotin. « Nous partons du bois brut que nous découpons, polissons et assemblons afin d’obtenir des meubles solides et durables », explique Joël, artisan menuisier. Selon lui, chaque pièce exige précision, patience et créativité. Au rayon du textile, les visiteurs découvrent des tenues confectionnées à partir d’étoffes traditionnelles telles que le Ndop, le Toghu ou encore le Maptakas. Ibrahim, artisan, confectionne ses vêtements devant le public grâce à un métier à tisser conçu avec des matériaux locaux. « C’est un savoir-faire que je modernise avec mes propres moyens », confie-t-il. Il se réjouit également du passage du ministre du Commerce, venu l’encourager, estimant que ce geste renforcera sa motivation à innover.
 
Au stand des produits naturels, Amina présente une gamme d’huiles de fenugrec, de karité et de neem, ainsi que diverses poudres issues de la pharmacopée traditionnelle. « Nos produits contribuent au bien-être et sont utilisés dans le traitement de plusieurs affections », explique-t-elle. Le 27 juillet dernier, le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, a inauguré le village culturel de la neuvième édition du Salon international de l’artisanat du Cameroun (Siarc), placé sous le thème : « Entre tradition et modernité : comment stimuler l’innovation artisanale ». Une cérémonie riche en couleurs au cours de laquelle les invités ont apprécié le savoir-faire camerounais sous diverses formes. Azazou le conteur a retracé l’histoire du Siarc à travers des mots captivants.
 
Une chorale traditionnelle a animé la scène avec un message centré sur le développement de l’artisanat au Cameroun. Elle a été suivie par les prestations des quatre grandes aires culturelles du pays : les Fang-Beti, les Grassfields, le Sahel et les Sawa, accompagnées d’une présentation dédiée à la Côte d’Ivoire et à l’Algérie. Le tout s’est achevé par un bouquet final au rythme du bikutsi, réunissant tous les acteurs culturels sur scène. La visite s’est achevée par une tournée du Premier ministre et de nombreux visiteurs présents dans les différents stands, sans oublier ceux de la Côte d’Ivoire et de l’Algérie, invités d’honneur de cette édition. Au delà de cette célébration, une question se pose. Est-ce que les artisans vivent réellement de leur art ?