Semaine de la mode 2025: La Suisse revoit son enfant devenu adolescent

Au cours de la conférence de presse tenue le 3 juin dernier à Yaoundé, l’ambassadrice de Suisse se réjouit d’être marraine de la 16e édition de cet événement que son pays avait déjà parrainé au début de l’aventure en 2015.  

Par Alain Ndanga

Résidence de Suisse le 3 juin dernier. Après la pluie diluvienne qui s’est abattue à Yaoundé, c’est le beau temps. Dès 15h30, des journalistes rattachés à plusieurs rédactions arrivent en compte-goutte et de fil en aiguille, le salon de la résidence se transforme en une salle de rédaction avec tous les médias représentés : presse écrite, radio, télé, internet. Les hommes et femmes de médias sont venus s’enquérir du menu dressé par plusieurs rédacteurs en chef : d’abord l’ambassadrice de Suisse au Cameroun, SE Natalie Kohli ; le ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat (Minpemeesa), Achille Bassilekin III; et le président fondateur du Centre des créateurs de mode du Cameroun (Ccmc), Yves Eya’a. La modération est assurée par Renaud Eboto, par ailleurs responsable de la communication du Minpemeesa.

De 16 heures à 18 heures, le festival de la parole a permis d’avoir une foule d’informations sur la 16e édition du Forum des métiers de la mode et du Design qui se déroulera les 23 au 28 juin prochains. Achille Bassilekin III a en quelques mots indiqué que cette saison sera une réussite ; non sans préciser qu’il s’en investira personnellement. Avec pour marraine l’ambassadrice de Suisse au Cameroun, le forum installera ses quartiers à l’Institut français du Cameroun (Ifc), antenne de Yaoundé.

Le rôle de la presse avant, pendant et après.

La semaine de la mode 2025 est placée sous le thème « l’Intelligence artificielle au service de la mode ». Yves Eya’a explique qu’il est question dans cette thématique, d’explorer les interactions entre innovation technologique et création vestimentaire. Mais tout en mentionnant que la machine n’a jamais remplacé l’homme. D’après lui, l’IA va juste permettre aux créateurs d’avoir une panoplie de modèles qu’ils pourront représenter en fonction de leur démarche artistique. « L’occasion sera de mettre en lumière la manière dont les outils numériques, les algorithmes génératifs et l’IA transforment le processus créatif, la production et l’expérience du consommateur dans l’univers de la mode », déclare-t-il. La marraine indique à son tour qu’il faut en tenir compte mais sans se déconnecter des cultures endogènes, qui sont la base de l’originalité recherchée dans la mode. Les objectifs étant de valoriser les couturiers émergents et établis dans les communes de Yaoundé de passer d’artiste à artiste entrepreneur ; la mode faisant partie de l’industrie créative culturelle.

Au menu de cette édition, on aura des conférences, des ateliers, des expositions, entre autres. Pendant les six jours, les professionnels du secteur, créateurs émergents, étudiants en design, experts en technologies, et amoureux de la mode se retrouveront autour des panels d’experts sur l’IA, de la durabilité et les tendances du design ; des workshops pratiques autour de la modélisation 3D, de la conception assistée par IA, et de l’e-commerce intelligent ; une exposition de photographie de la photographe Emily Pinna sur sa vision de la mode au Cameroun et des créations innovantes. On aura des rencontres B2B et surtout un grand défilé de clôture célébrant l’union du digital et du textile.

Au cours de la conférence de presse, les incubés de l’édition 2025 ont présenté une partie de leur collection dans défilé capsule. Les incubés de cette cuvée sont issus de trois communes : Carole Menoudjeu Tala et Hamadou Mana Djam (Yaoundé 2) ; Estelle Ngo Unkab et Cabrel Keyanpi Pouowo (Yaoundé 3) ; Cécile Roseline Bela et Sodetou Mefire Mbombo (Yaoundé 4). Tous se disent heureux d’être encadrés par le Ccmc dont la vocation est de détecter, d’accompagner et de professionnaliser. Les créateurs invités sont Emile Issarou, Yapumfout Pasma, Soulmane Bonfils, Lisette Rosette, Ccmcx-créateurs.