
Un forum interrégional a réuni les acteurs de la sécurité, des droits humains et des communautés autour d’un mécanisme d’alerte précoce plus inclusif et protecteur.
Rebara Habra
Face à la persistance des crises sécuritaires dans les régions de l’Est, de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord, le Réseau camerounais des organisations des droits de l’homme (Recodh) et ses partenaires misent sur une meilleure collaboration entre forces de défense et de sécurité (Fds), société civile et communautés.
Réunis les 5 et 6 août 2026 à Yaoundé, dans le cadre du Forum interrégional annuel de plaidoyer et de dialogue avec les détenteurs d’obligations, une soixantaine de participants ont échangé autour du thème : « Synergie Fds-Société civile pour co-construire la sécurité humaine et garantir les droits humains ».
L’initiative s’inscrit dans le cadre du projet Repcos, soutenu financièrement par la délégation de l’Union européenne au Cameroun. Elle intervient dans un contexte marqué, selon les organisateurs, par la multiplication des violences, des enlèvements, des attaques contre les infrastructures sanitaires et scolaires, ainsi que des incidents liés aux engins explosifs improvisés dans certaines zones.
Au cœur des discussions, le renforcement du Système d’alerte précoce mis en place par le projet. L’ambition est de rapprocher les informations recueillies au niveau communautaire des institutions chargées d’y apporter une réponse, tout en garantissant la protection des personnes qui signalent les menaces.
Le forum entend ainsi s’appuyer sur un modèle à triple ancrage, reposant sur les communautés, les institutions et les outils technologiques. Bâtisseurs de paix, femmes ambassadrices de la résolution 1325, comités de veille, jeunes mentors et radios communautaires sont notamment appelés à jouer un rôle dans la détection, la documentation et la prévention des risques.
À travers cette rencontre, le Recodh et ses partenaires veulent faire de l’alerte précoce non seulement un outil de prévention des conflits, mais aussi un instrument de protection des droits humains et de construction d’une sécurité partagée.



