Remaniement ministériel : Les  attentes des Populations Mabi et Batanga de l’Océan.


Une lettre ouverte adressée au Président de la République, devenue virale évoque des revendications qui mettent en lumière un profond malaise: les communautés Batanga et Mabi se sentent exclues des sphères de décision et de pouvoir.

Lazare Kingue


Tous en parlent tout bas et dans l’ombre: Batanga, Mabi, Ngumba, Mvae, Fang-Bulu…fils et filles d’un département commun, mamelle nourricière et terre de conservation de leur cordon ombilical. Ils murmurent, ils rechignent. Ils estiment que l’Océan est le parent pauvre de la région du Sud, voire, du triangle national, dans le cercle de représentation gouvernementale: un seul ministre actuellement ( Jules Doret Ndongo) et un autre ministre ( Minette Libom Li Likeng, ) qui aurait un lien sanguin dans cette partie atlantique du Sud). Ils trouvent qu’en 43 ans de magistère, Paul Biya ne leur a pas suffisamment donné de postes ministériels; mais quelques lots de consolation. Notamment les deux cités supra, feu Joseph Owona, et un ou deux aînés qui l’ont précédé dans l’au-delà.  De Kribi 1er à Mvengue, en passant par Akom 2, Lokoundje, Kribi 2, Lolodorf, Bipindi, Niete et Campo, quelle est la localité qui peut s’enorgueillir de son élite, membre du gouvernement ? Si ce n’est Bipindi.

Mais personne n’ose exprimer tout haut ce sentiment commun qui déchiquette dans la basse échelle sociale comme dans l’élite. Certes, la contrée se contente de ses quelques Directeurs et Secrétaires Généraux, ses recteurs, colonels et généraux. Mais pour ces nobles serviteurs d’Etat, on en trouve dans toutes les localités du pays. Ce n’est donc pas un apanage de Kribi.
Dans ce kaléidoscope où s’entremêlent envie, désir, frustration, peur, aigreur (…) espoir et désespoir, des voix s’élèvent pour briser la glace. Courant novembre, est devenu viral sur les réseaux sociaux un pamphlet rédigé par un fils de l’Océan à l’intention de Paul Biya. L’auteur, un jeune homme issu de la classe modeste soulevait la problématique des tensions qui sous-tendent les relations entre les populations de l’Océan. Notamment celles de Kribi, des communautés Batanga et Mabi, et la question du partage du gâteau national. Du moins de ce qui devrait revenir à la contrée. L’analyse  de cette lettre ouverte adressée au Président de la République, révèle une certaine frustration et un sentiment de marginalisation des populations de l’Océan.

Les revendications exprimées dans la lettre ouverte mettent en lumière un profond malaise: Les communautés Batanga et Mabi se sentent exclues des sphères de décision et de pouvoir. La liste des personnalités emblématiques proposées pour occuper des postes ministériels ou autres hautes fonctions dans le gouvernement est une indication claire de la volonté des populations de l’Océan ( l’élite et la base) de prendre part à la gestion de la chose publique.
C’est un fait indicible. La vérité est en face. La globalité ou la grande majorité attend du prochain gouvernement un ministre, un homme ou une femme qui a son cordon ombilical à Kribi. Deux grands groupements ethniques reviennent en pôle position : les Mabi et les Batanga. Au sein de ces deux peuples autochtones, existent des figures de proue dignes d’occuper un poste ministériel. Parmi les noms cités par l’auteur dans sa lettre, figurent le gouverneur du Littoral, Ivaha Diboua, fils Batanga ; et le DG de la SCDP, Manzoua Véronique épouse Moampea Mbio, fille Mabi. Deux poids lourds qui pourraient faire la fierté et l’unanimité s’ils étaient nommés. On aura donc au Nord Jules Doret Ndongo. Au Sud, l’un des deux.

Ne nous mentons pas. La question de la représentation ministérielle et de la participation aux hautes responsabilités de l’État est un enjeu crucial pour les communautés Batanga et Mabi. La frustration et le sentiment de marginalisation qui en découlent peuvent, à l’avenir, avoir des conséquences négatives sur la cohésion sociale et la stabilité politique de la région. Ce n’est là qu’une lecture, fût-ce aléatoire, comme toute autre de la vie sociale de notre localité.

Il est important de prendre en compte les revendications et les préoccupations des populations de l’Océan pour trouver des solutions durables et équitables. Il est nécessaire de trouver des moyens de les intégrer de manière équitable et juste dans la gestion de la chose publique. En prenant en compte les besoins et les aspirations de toutes les communautés, ( pas seulement dans l’Océan) ce serait pour le Chef de l’État une manière de promouvoir la cohésion sociale  qui lui est si chère, et la stabilité politique du pays. Les populations de l’Océan formulent ainsi le vœu légitime de voir les peuples Batanga et Mabi être intégrés, à leur juste mérite, dans la haute administration nationale à travers des nominations ministérielles, des postes délégués ou tout autre honneur que le Président Biya jugera utile dans le cadre du remaniement attendu. La jeunesse de Kribi, profondément respectueuse du leadership du Président Biya, lui renouvelle son engagement, sa confiance et son soutien indéfectible tout au long de ce nouveau septennat, et garde espoir que ce soit une Mabi ou un Batanga.