Recensement général de la population : Flou artistique, un mois après la clôture

L’enquête post-censitaire, lancée le 15 septembre 2026, a marqué la fin officielle des opérations sur le terrain, sur une note d’incertitude.

Michel Enony

À quand les comptes du décompte de la population au Cameroun ?

Toujours pas de chiffres sur l’évolution exacte de l’opération. Lancé le 15 septembre 2026, la Coordination du 4e Recensement général de la population et de l’habitat (4-Rgph), couplé au 2e Recensement général de l’agriculture et de l’élevage ((Rgae), n’a toujours pas donné les chiffres évolutifs de l’enquête post-censitaire. Nul ne sait si les 90 % fixés par les standards internationaux ont été atteints.

Lancée pour deux mois, sans préciser la date de fin, elle est « consacrée à l’étude approfondie des données et au lancement du recensement hybride, garantissant une meilleure fiabilité et exhaustivité des résultats ».  Lors de la clôture des travaux de la 21e session, fin septembre dernier, Jean Tchoffo, président du Comité technique des activités mutualisées, a dressé un bilan clair de la collecte des données. Si plusieurs départements affichent des résultats encourageants, le Mfoundi et le Wouri restent en retrait, avec les scores les plus faibles. Il a appelé « à une mobilisation continue pour que chaque citoyen et chaque ménage soient pleinement pris en compte. Le recensement est une opération de souveraineté nationale, essentielle pour la planification et le développement durable du Cameroun ».

Mais dans les rues de Yaoundé, les agents recenseurs sont comme portés disparus.  Personne ne les voit. Ni leurs tablettes, ni leurs chasubles. « Je n’ai toujours pas été recensé. Je ne sais même pas si c’est terminé, si ça continue. Et le numéro vert ne passe même pas », s’en plaint prénommée Pélagie, habitante du 3e arrondissement.

L’opération a mobilisé environ 34 000 agents recenseurs, près de 29 000 agents recenseurs ont perçu leur premier salaire, selon les informations de la Coordination nationale. « En ce qui concerne les phases de prorogation et de ratissage, les ressources disponibles n’ont couvert qu’une partie des frais journaliers de subsistance. À cet égard, le Projet d’harmonisation et d’amélioration des statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre (Hiswaca), financé par la Banque mondiale, a engagé les procédures de décaissement d’une enveloppe de 2 milliards Fcfa, destinée à l’apurement intégral des salaires et des frais de subsistance restant dus », indiquait la coordination fin septembre.

À l’heure actuelle, personne ne sait ni le jour, ni l’heure où le processus sera achevé. Même pas les autorités.