Présence sur les réseaux sociaux : Les capacités des administrations publiques renforcées


Du 29 septembre au 03 octobre dernier, ils ont pris part à un séminaire qu’a organisé l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication (Antic) à leur intention, dans la ville de Kribi.

Par Lorine Claudia Agnang


A en croire Ebot Ebot Enaw directeur général de l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication (Antic), le Cameroun compte à ce jour 5,5 millions d’utilisateurs actifs sur les réseaux sociaux. Un chiffre en permanente croissance, grâce au taux de pénétration d’internet qui est passé de 4,5 % en 2010 à plus de 45,6 % en 2025. Dans cet univers où chaque internaute s’est érigé en informateur derrière son smartphone, la propagation des fake news, la désinformation sont désormais monnaie courante, car ces internautes courent plus vite, afin d’avoir la primeur de l’information. Une situation qui peut mettre à mal la paix, la stabilité des institutions, et même d’un pays. Les administrations publiques ne sont pas épargnées. En cette période électorale au Cameroun, l’Antic a jugé mieux de rassembler les responsables du community management de ces administrations publiques dans la ville de Kribi département de l’Océan, afin de leur donner les techniques nécessaires, pour une meilleure gestion des pages officielles des administrations et pour mieux anticiper et contrecarrer la désinformation. C’est du 29 septembre au 03 octobre dernier qu’ils s’y sont retrouvés. Au cours de cette rencontre, les participants ont vu se succéder des experts, qui les édifiés sur les différentes techniques à adopter.


Ces propagateurs se dissimulent parfois derrière des faux comptes. A ce sujet, le    gendarme du cyberespace camerounais annonce que dans sa veille cybernétique, il a pu de détecter au courant de l’année 2025, 3 915 faux comptes, dont 2738 ont été fermés, soit 70%. Tout à côté, 107 profils Facebook et deux comptes TikTok ont été certifiés depuis 2018, dont 68 appartenant aux administrations publiques et aux hauts commis de l’État. L’Antic a également développé une plateforme de fact-checking, permettant aux populations de vérifier l’authenticité des informations. Celle-ci sera mise à la disposition du Conseil National de la Communication (Cnc).


Au cours de l’ouverture des travaux, Ebot Ebot Enaw n’a pas manqué de déplorer la faible alimentation des sites web et pages des administrations publiques. « Même si à date, 100% des administrations disposent d’un site web avec un taux moyen de disponibilité de plus de 75%, et 95% d’un compte sur les réseaux sociaux, ces sites web, comptes et pages sur les réseaux sociaux ne sont pas assez alimentés en contenus, ils ne sont pas dynamiques ou interactifs », a-t-il déclaré. Il poursuit : « Je tiens à rappeler pour ceux qui ne le savent pas, qu’en général on apprécie la présence sur les réseaux sociaux à travers trois grands indicateurs :  le nombre de follower ou d’abonnés : il apprécie juste la portée d’une publication ou la présence « passive » d’un contenu ; le taux d’engagement : Il évalue le niveau d’interaction et d’intérêt suscité par une publication sur une plateforme de réseaux sociaux. Vous convenez avec moi que vous pouvez faire un million de publications mais si personne n’y réagit, que ce soit par les commentaires, les partages ou les likes, la perception de l’impact sera mitigée ; le sentiment rate : cet indicateur quant à lui évalue la nature de la réaction ou de l’intérêt suscité par une publication ou un contenu, il peut être négatif, positif ou neutre ».