Port de Douala-Bonabéri : Collision de deux navires, les recommandations du Mint

Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe a effectué hier lundi une descente sur le site où s’est produit cet accident, en compagnie des autres parties prenantes.

Par Michel Ferdinand

Après l’accident maritime survenu sur le chenal du Port de Douala-Bonabéri, au niveau de la bouée N°20, dans la nuit du 11 au 12 juillet dernier, impliquant les navires MV Sea Honor, en phase de sortie du port, et MV Black Rhino, en phase d’entrée, le ministre des Transports (Mint), Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe, est descendu sur le terrain hier lundi, 20 juillet 2026. Une visite de travail qui a eu lieu aussi bien au Port de Douala-Bonabéri qu’au Port autonome de Douala (PAD), entité chargée de la gestion de ladite plateforme portuaire.

Il en ressort une série de neuf recommandations majeures « à la lumière des constats effectués sur le site, notamment le remorquage du MV Sea Honor à la bouée N°9 pour y subir des travaux de réparation, la présence du MV Black Rhino toujours partiellement immergé avec une forte gîte, les opérations d’expertise actuellement conduite en vue de son renflouement, ainsi que les impératifs de sécurité de la navigation et de protection de l’environnement marin ». La première recommandation, c’est d’accélérer la finalisation du plan de renflouement du MV Black Rhino. Sur ce, « l’armateur du MV Black Rhino est tenu de transmettre, dans un délai de huit jours, le rapport définitif des experts mandatés précisant l’option technique retenue, ainsi qu’un plan détaillé de dégagement du navire », prescrit le ministre des Transports. La seconde est de maintenir un dispositif permanent de sécurité maritime autour du site. Quant à la troisième, il est question d’assurer une veille environnementale renforcée. « Compte tenu de la position actuelle du MV Black Rhino et des risques potentiels de pollution, un dispositif permanent de surveillance environnementale devra être maintenu pendant toute la durée des opérations », poursuit-il.

Enquête

Pour le reste, il s’agit d’encadrer les opérations d’enlèvement des conteneurs ; de poursuivre les travaux de réparation du MV Sea Honor ; de poursuivre sans délai l’enquête de sécurité maritime ; de veiller au respect des obligations de l’armateur ; de fixer un calendrier impératif pour le dégagement du MV Black Rhino et d’instituer un mécanisme renforcé de suivi ministériel. « Le ministre des Transports rappelle que la priorité demeure la préservation de la sécurité de la navigation, la protection de l’environnement marin, le dégagement rapide et sécurisé du MV Black Rhino, la poursuite des réparations du MV Sea Honor dans le respect des exigences réglementaires, ainsi que la conduite rigoureuse de l’enquête de sécurité maritime ». Bien avant, le Mint s’est félicité « de la reprise normale du trafic maritime et du professionnalisme dont ont fait preuve l’ensemble des équipes mobilisées ».

En présence d’autres têtes couronnées, dont le gouverneur de la région du Littoral, et le directeur général du PAD, Cyrus Ngo’o, le directeur de la capitainerie, commandant du Port, Bertrand Mekinda Elingui, a fait le point de la situation liée à cette collision entre le MV Black Rhino et le MV Sea Honor battant respectivement pavillons chypriote et tuvalu. Il a ainsi relevé le « sauvetage des 13 membres de l’équipage en détresse », le « balisage de la zone », la « signalisation de nuit dans la zone », la « libération du chenal », l’« avis urgent aux navigateurs diffusé », etc. De même, il a indiqué qu’en dehors des dégâts importants et d’une interruption d’activités sur le chenal pendant onze heures, il n’y a eu aucun blessé, aucune pollution constatée.

Le MV Black Rhino a perdu sa capacité à gouverner, changeant brusquement de cap pour se retrouver perpendiculaire au chenal. Le choc était inévitable. Le même navire transportait une cargaison de 150 conteneurs ne contenant pas de matières dangereuses qui sont tombés en mer, soit 54 conteneurs en transit pour le Tchad et la RCA et 96 en import.