Poésie: La mort peinte par Auxence Gomboulou


Paru aux éditions Essaim plumes, son récent chef-d’œuvre intitulé « Au rencard de la mort » invite à dépasser les rancunes et à cultiver l’amour et la solidarité.


Par Marielle Ongono


La mort, un passage inéluctable pour tous. Ce mot, Auxence Carmen Sandy Gomboulou en a donné l’essence dans les 105 pages de son ouvrage paru aux éditions Essaim Plumes. « Au rencard de la mort » est un recueil qui explore la fragilité de la vie et la certitude de la mort. À travers une écriture à la fois lyrique et philosophique, l’auteur interroge nos relations humaines, nos illusions de puissance et la course effrénée vers les biens matériels. Plus encore, l’auteur invite à dépasser les rancunes et à cultiver l’amour et la solidarité. L’ouvrage est composé de plusieurs poèmes : « Au rencard de la mort » ; « Prière d’un accapareur » ; « Qui es-tu, la mort ? »; « Je partirai à l’au-delà » ; « Pourquoi ? » ; « De la vie à la mort »; « Si je venais à mourir » ; « À titre posthume » ; « Pourquoi as-tu arraché ? » ; « La vie, ma sœur siamoise » ; « Prière de m’inhumer » ; « J’ai arraché » ; « Nous partirons » ; « Je suis » ; « Testament matriarcal » ; « Sidobé n’est plus » ; « La terre enterre » ; « Vanité des vanités ».


Des descriptions saisaisantes font écho dans ce recueil de poèmes. « Ô la mort, je suis encore au matin de ma vie. Tu n’es pas civilisée ; on vient voir quelqu’un par rencard ou par audience », écrit-il avec ironie et gravité à la fois. « Ô la mort,  je suis encore au matin de ma vie. Tu n’es pas civilisée ;  on vient voir quelqu’un, par rencard ou par audience. On n’a pas rencard ce matin.  Reviens un autre jour. Quand je serai au soir de ma vie. Au rencard de la mort,  je plaiderai ma cause et présenterai l’œuvre de mes mains  pour qu’elle ne me prenne pas tout ce que je saisis,  qu’elle ne réduise pas tout mon butin en pourriture et qu’elle tarde à m’emporter ». L’auteur décrit également les différentes émotions observées après la disparition d’un proche. « Ô la mort, le jour de ta venue, ceux qui me haïssent vont se réjouir. Ceux qui m’aiment auront des sanglots dans la voix, des gémissements et des pleurs. Ceux qui convoitent mon épouse seront gais, ceux qui m’admirent auront de la peine pour la veuve et les orphelins ».


L’auteur donne une définition pluriel à ce mot. M : Moyen, O : Obligé, R : Résidents, T : Terre. M : Mystère, O : Officieux, R : Résidents, T : Terre. M : Monarque, O : Opprime, R : Résidents, T : Terre.
Dans ce recueil, l’auteur s’interroge aussi. « Ô la mort, voici ce que j’ai réalisé : J’ai construit des châteaux, je pilote des bateaux, j’ai une belle femme et une ferme agro-pastorale dans les Plateaux. Ô la mort, même si j’étais sorti bras ballants, des reins paternels, et des seins maternels, permets-moi d’amener, dans ma valise macabre, mes grosses cylindrées et tous mes biens immobiliers. Sinon, les miens s’entretueront. Pour les fortunes laissées par le défunt, d’aucuns s’autoproclameront héritiers.  Plus encore, « On ne s’accapare pas des avoirs et des fortunes laissés par un disparu, sinon, tu serais un accapareur à vie, tout en souhaitant que les autres. Te précèdent à l’au-delà. La mort est comme un médecin  qui reçoit ses patients à tour de rôle. À chacun son tour : Je pars aujourd’hui, et demain tu partiras ».


Dans cet ouvrage, l’auteur s’adresse tantôt à lui-même, tantôt à l’humanité entière, rappelant que la mort n’est pas une fin, mais un miroir tendu à la vie. Le recueil se clôt sur des textes empreints d’émotion, tels que Sidobé n’est plus ou La terre enterre.