La France, l’Allemagne, la Pologne, l’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni et la Commission européenne notamment veulent être impliqués dans les négociations avec la Russie.
Par Cyril Essissima
À l’issue de leur réunion sur l’Ukraine le 12 février dernier à Paris, la France, l’Allemagne, la Pologne, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni. tiennent une position ferme. Le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères a fait écho de ladite réunion à laquelle a également pris part le ministre ukrainien des Affaires étrangères et le haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité / vice-président de la Commission européenne.
« Nous souhaitons échanger sur la voie à suivre avec nos alliés américains. Nos objectifs communs doivent être de placer l’Ukraine en position de force. L’Ukraine et l’Europe doivent participer à toute négociation. L’Ukraine doit bénéficier de solides garanties de sécurité. Une paix juste et durable en Ukraine est une condition nécessaire à une sécurité transatlantique forte », a déclaré le porte-parole du Quai d’Orsay. Et d’ajouter : « nous rappelons que la sécurité du continent européen est notre responsabilité commune. Nous travaillons donc ensemble pour renforcer nos capacités de défense commune.»

Cette sortie des Européens à travers le Quai d’Orsay intervient immédiatement après l’entretien téléphonique entre les présidents américain et russe mercredi. Donald Trump en a fait un résumé sur son compte X. «Nous voulons mettre un terme aux millions de morts de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Le président Poutine a même utilisé la devise très forte de ma campagne, le « BON SENS ». Nous y croyons tous deux fermement », a-t-il tweeté, confiant d’être sur la bonne voix.
Le président américain, qui juge « irréaliste » l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan, semble vouloir privilégier le pragmatisme pour l’arrêt des hostilités. « Nous avons convenu de travailler ensemble, très étroitement, y compris en visitant nos nations respectives. […] J’ai demandé au secrétaire d’État Marco Rubio, au directeur de la CIA John Ratcliffe, au conseiller à la sécurité nationale Michael Waltz et à l’ambassadeur et envoyé spécial Steve Witkoff de mener les négociations qui, j’en suis convaincu, seront couronnées de succès. Des millions de personnes sont mortes dans une guerre qui n’aurait pas eu lieu si j’avais été président, mais qui a eu lieu, et qui doit donc cesser. Plus aucune vie ne doit être perdue ! », a-t-il poursuivi sur son compte X.
Bien que le président ukrainien Volodymyr Zelensky ait été informé de l’échange avec le président russe, toujours est-il que la France et ses partenaires sont courroucés par la démarche inopinée du président Trump. D’où cette objection quasi menaçante : « Nous sommes prêts à renforcer notre soutien à l’Ukraine. Nous nous sommes engagés en faveur de son indépendance, de sa souveraineté et de son intégrité territoriale face à la guerre d’agression de la Russie », renchérit le porte-parole du Quai d’Orsay. L’Europe plaide pour « une paix juste, globale et durable» qui garantisse à la fois les intérêts de l’Ukraine et ceux du continent.



