Le recueil de poèmes de Carmen Sandy Gomboulou, qui vient de paraître aux Éditions Ifrikiyia, met en avant des héros africains.
Par Marielle Ongono

Le nouveau recueil de Carmen Sandy Gomboulou met un plein phare sur l’Afrique et ses héros, ces héros brisés par le sadisme de ses dirigeants. Paru aux Éditions Ifrikiyia, cet ouvrage rassemble 21 poèmes repartis sur 135 pages. Le premier regard du poète se dirige vers son continent qui souffre le martyr causé par ses richesses. « Afrique mon Afrique. Afrique ma mère, je me demande souvent, nos matières premières ne sont-elles pas une malédiction ? ». Poursuivant son interrogation, le poète se mire à travers la tragédie de son songe avec tout ce que subit l’Afrique, car pour le poète, « les matières premières ne nous engendrent que les guerres fratricides ». Et cette terre africaine devient un enfer avec ses dirigeants qui ne veulent pas qu’on les appelle « ex-père de la nation, ex-camarade président, ex-président fondateur ». S’ouvre alors la porte de l’exil pour une jeunesse qui espère le paradis au-delà des maux qui jonchent le sol africain. À la recherche d’un ailleurs paisible et enchanteur, les jeunes crient haut et fort aux tortionnaires de l’Afrique. « Nous fuyons cette Afrique qui a comploté pour tuer Lumumba, qui a tué Telli Diallo, et nous en avons marre de danser la rumba et le ndombolo ».
Dans « Lettre ouverte d’un clandestin », l’auteur pose quelques doléances : « Nous avons droit à l’eau et à l’électricité, droit à la sécurité, droit à la santé et à la stabilité, droit à l’éducation et à la scolarité ». Dans toute cette cadence poétique qui se fonde sur l’univers de l’Afrique apparaît quand même l’image de la femme, si chère à tout poète dans l’exercice de ses créations, mais ici elle n’est pas vue du côté sentimental, mais plutôt dans le miroir de la société atypique africaine. « Ô femme de mon voisin, il m’est préférable de t’attribuer ce patronyme qui me donne les maux de tête ».
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L’auteur aborde d’autres réalités, à l’instard de : « Nécropsie » ; « y en a marre » ; « ils ont quitté » ; « À qui la faute? » ; « Lettre à un clandestin » ; « Lettre ouverte d’un clandestin » ; « Femme de mon voisin » ; « Mandela l’icone » ; « Docteur Mandela » ; « Mandela, le gourou » ; « Kadhafi le Kadafa » ; « Libye je m’inquiète » ; « ma muse vous accuse » ; « La démocratie » ; « la démocratie n’est pas synonyme de » ; « Congo, ma natalité » ; « le patriotisme m’oblige » ; « Congo havre de paix » ; « Hymne à l’africaine » ; « 20-Sassou, le sage » ; « Malgré ». Auxence Carmen Sandy Gomboulou, originaire de la République du Congo-Brazzaville, est auteur de trois recueils de poèmes : « Les miens m’ont foutu la merde », « Nécropsie et Autopsie », « Au rencard de la mort ».



