Le président de l’Ordre des professions médico-sanitaires, sage-femmes, techniciens médico-sanitaires appelle le Minsanté et le Minesup à mettre fin aux «formations illégales».
Par Guy Martial Tchinda

Vous avez organisé une conférence de presse ce 18 décembre pour dénoncer un certain désordre dans la formation des personnels médico-sanitaires. Pouvez-vous nous dire concrètement ce qui se passe dans ce secteur et qui traduit ce désordre ?
Nous avons constaté la persistance du désordre dans la formation des professionnels médico-sanitaires, mettant en péril la sécurité des patients. Fort de ce constat, nous avons tenu à informer le public. En effet, il y a eu une concertation interministérielle entre le ministère de l’Enseignement supérieur (Minesup) et le ministère de la Santé publique (Minsanté), à laquelle l’Ordre a activement pris part.
Les résolutions de cette concertation consistaient à suspendre ces formations qui sont illégales et à arrimer la formation des professionnels au système LMD. Pour ceux qui étaient déjà formés, il était question d’organiser une session unique de l’examen spécial national d’aptitude pour permettre à ceux qui auront réussi d’exercer.
Malheureusement, à ce jour, nous avons constaté que ces résolutions ne sont pas respectées et le désordre continue. Nous voulons donc alerter le public et demander que ces résolutions soient respectées et que ces formations qui ne sont pas conformes soient automatiquement arrêtées.
Quelles sont les formations que vous considérez comme illégales?
Il y a des diplômes qui ne sont pas conformes selon la réglementation en vigueur. Par exemple, le BTS, le HND, ou les Licences qui sont délivrés par certaines institutions privées de l’enseignement supérieur. Or, nous savons que celui qui est garant des métiers de la santé pour le moment, ce sont les institutions qui sont sous la tutelle du ministère de la Santé. Nous ne pouvons donc pas accepter que, dans un même pays, il y ait deux manières de former un même personnel.
Il faut donc arrêter le désordre et uniformiser la formation. C’est pour cela que nous avons d’ailleurs demandé la cotutelle pour que le diplôme qui est délivré au professionnel soit reconnu comme un diplôme universitaire. Cela est prévu dans les résolutions de la concertation interministérielle.
Quelles sont vos relations avec les deux tutelles concernant le suivi de la mise en œuvre des recommandations de la réunion interministérielle à laquelle vous faites allusion ?
Chacun a son rôle à jouer dans ces résolutions. En tant qu’Ordre, nous n’intervenons pas dans la formation, mais plutôt après. Donc, les deux ministères, chacun en ce qui le concerne, devraient jouer rôle pour la mise en place de ces résolutions. Et justement, nous nous exprimons aujourd’hui pour demander aux deux tutelles de jouer leur rôle afin que les résultats soient plausibles et que ces formations soient arrêtées et que ce qui a été consigné dans ces résolutions-là puisse être effectif, notamment l’arrimage de la formation au système LMD. C’est ce que nous attendons maintenant.
Aux publics, nous recommandons la vigilance. S’ils choisissent de faire des formations non-conformes, qu’est-ce qu’ils vont devenir ? Donc, il faut que le public soit vigilant pour savoir quelle formation choisir selon le métier choisi. Quant aux professionnels qui sont déjà formés, il y a toujours eu des dispositions qui étaient prévues pour eux. Nous les avons encouragés à suivre ces dispositions tout simplement.



