
Jacques Kaldaoussa
Depuis près de deux semaines, plusieurs branchements d’eau de la Camwater sont la cible d’actes de vol et de vandalisme. Chaque matin, des quartiers de Maroua se retrouvent inondés à la suite du démontage frauduleux des compteurs par des malfaiteurs.
Ce 9 août 2026, c’est au tour des habitants du quartier Pitoaré de subir les assauts des arracheurs de compteurs d’eau. « Ils ont arraché, rien que la nuit dernière, six compteurs d’eau dans le secteur du petit marché de Pitoaré. Ce matin, c’est tout le quartier qui est inondé et la boue s’est invitée dans les rues. Hier, lors d’une visite à un frère au quartier Ouro-Tchédé, j’ai remarqué le même scénario », témoigne Sawalam André, une victime.
Selon plusieurs victimes, les voleurs ciblent principalement les anciens compteurs, dont certains composants métalliques seraient revendus au Nigeria. « Les nouveaux compteurs sont faits en caoutchouc, alors que les anciens sont en fer et en cuivre. C’est ce qui pousse les malfrats à faire une chasse nocturne aux anciens compteurs d’eau, qui seraient ensuite écoulés sur le marché noir nigérian », explique une source.
Des informations recueillies sur place font également état de l’existence de circuits de revente dans certains quartiers de Maroua. Le quartier Douggoy serait notamment présenté comme l’un des points de concentration de ce commerce clandestin. Une information qui reste toutefois à confirmer.
La recrudescence de ces vols intervient en pleine saison des pluies. Les malfaiteurs profiteraient des fortes averses nocturnes pour opérer à l’abri des regards. Une fois les compteurs démontés, l’eau s’écoule librement et transforme les rues en mares boueuses.
Pour la Camwater, ces branchements frauduleusement déconnectés occasionnent d’importantes pertes d’eau. La multiplication de ces actes de vandalisme pose également la question de la sécurisation des installations et de la protection des abonnés confrontés aux conséquences de ces fuites.



