
À deux semaines du début de nombreux championnats européens, plusieurs internationaux camerounais, libres de tout contrat, sont actuellement en quête d’un nouveau point de chute.
Claude Olivier Banaken
C’est toute une équipe nationale de football seniors du Cameroun, composée de défenseurs, de milieux de terrain et d’attaquants, qui est actuellement au chômage à deux semaines de la reprise des grands championnats européens. Le mercato avance à grands pas vers la fin, mais Vincent Aboubakar (34 ans), Karl Toko Ekambi (33 ans), Clinton Njie (32 ans), Fabrice Ondoa (30 ans), Olivier Ntcham (30 ans), Leon Bell (29 ans), Olivier Mbaizo (28 ans), Frank Magri (26 ans) et Ben Elliot Djongoue (23 ans), tous libres de tout contrat, cherchent toujours un nouveau point de chute. Jusqu’ici, ça ne se bouscule pas beaucoup du côté des clubs pour s’attacher les services de ces internationaux camerounais.
Pour Pierre Toukoulou, expert en management du sport, « c’est le prix de l’improvisation. Pendant des années, on (ces joueurs, ndlr) a géré des carrières comme des tontines, au jour le jour, sans stratégie, sans marque, sans plan B. Le marché, lui, ne pardonne pas : il achète des actifs, pas des souvenirs. Ceux qui refusent de repositionner leurs ambitions et de s’entourer de vrais architectes de carrière resteront au bord de la route », explique-t-il.
Plusieurs autres facteurs pourraient expliquer cette situation alarmante, notamment l’âge avancé de certains. En effet, des joueurs comme Vincent Aboubakar, Toko Ekambi et Clinton Njie sont pratiquement à l’aube de leur retraite et les recruteurs misent de plus en plus sur les jeunes capables de jouer sur la durée.
Cependant, rien n’indique que cette liste restera inchangée d’ici la fin du mercato. Des négociations se poursuivent en coulisses pour plusieurs d’entre eux, et ces derniers pourraient rapidement rebondir dans des championnats dits de seconde zone. « Il ne faut surtout pas mépriser ces destinations. Le Golfe, la MLS la Turquie, la Grèce, l’Asie, ce ne sont plus des championnats de seconde zone, ce sont des marchés de rebond, et parfois de relance. L’avantage des joueurs libres, c’est qu’ils peuvent signer même après la fermeture du mercato : la fenêtre reste ouverte pour eux toute la saison. Mais le rebond aura trois conditions : le réalisme salarial, on ne négocie pas en 2026 avec les chiffres de 2021, l’état physique, parce qu’un joueur libre doit arriver prêt, et le projet : mieux vaut être un leader dans un championnat émergent qu’un dossier en attente en Europe. Pour les plus jeunes de cette liste, c’est un accident de parcours. Pour les plus anciens, c’est peut-être la dernière grande négociation de leur carrière et c’est exactement là qu’on voit qui est bien entouré », conclut notre expert.
Signalons que pour les plus jeunes de la liste, cette situation pourrait avoir un impact négatif sur leur avenir en sélection nationale, à l’approche des prochaines échéances internationales.



