« Le Passé méconnu »: La mémoire d’un peuple

André Mama Fouda a présenté son roman autobiographique et historique, ce mercredi 15 juillet dernier, au Musée national.
 
Par Michel Enony et Hawa Ali (stagiaire)
 
Le 15 juillet dernier, la salle de convivialité du Musée national de Yaoundé vibre au rythme des tam-tams et des récitals de « mvet ». Les invités, venus nombreux, assistent à la cérémonie de dédicace du dernier-né d’André Mama Fouda, « Le Passé méconnu : Entre deux mondes ». L’ouvrage de 180 pages, publié aux éditions Afrédit, est bien plus qu’un simple roman historique : c’est une plongée intime dans la mémoire familiale et collective des familles Edzoa et Mvog-Ada. L’exposition de photos, dans le jardin du Musée, retraçant l’histoire des lignées Edzoa et Mvog-Ada, captive le public. Cette première phase de dédicaces permet aux premiers acheteurs d’échanger avec l’auteur. Ancien ministre de la Santé, maire de Yaoundé III et ingénieur de formation, André Mama Fouda se révèle aujourd’hui sous un jour nouveau : celui d’un écrivain soucieux de transmettre un héritage.
 
Le récit dont il est question débute en mai 1951 par le décès du patriarche Omgba Fouda André. Cet événement tragique sert de point de départ à une vaste fresque généalogique qui remonte le temps, dévoilant unions, conflits, joies et peines ayant façonné les générations précédentes. À travers ce récit, l’auteur explore plusieurs thématiques, dont la transmission du lignage et du nom, l’impact de la colonisation sur les structures sociales, le choc entre traditions ancestrales et catholicisme, ou encore la complexité des relations familiales. Dans sa note de lecture, Jean-Marie Essono a insisté sur la portée de l’œuvre, qui dépasse le simple cadre familial. Selon lui, le récit ne constitue pas seulement une chronique personnelle, mais s’inscrit dans une réflexion sur l’identité, la filiation et les rapports entre tradition et modernité. « Certains pourraient croire que c’est une petite histoire familiale, mais non. Tout ce que vous lisez parle de l’histoire d’un peuple », a-t-il relevé. Il invite les lecteurs, notamment les jeunes, à tirer des enseignements de cette œuvre et à s’intéresser davantage à leurs racines.
 
Dans son allocution, l’auteur a expliqué que l’écriture de cet ouvrage répondait à un besoin de transmission. « Il y avait un devoir de mémoire », a-t-il confié. L’ancien membre du gouvernement a aussi évoqué son choix narratif. Dans son roman, il renonce à l’utilisation du « je » et privilégie le présent de narration afin de plonger le lecteur au cœur des événements racontés. « Vous allez vivre les faits au présent, jamais au passé », a-t-il précisé. Pour André Mama Fouda, l’histoire d’une famille peut refléter celle d’une communauté entière. « Cette famille, c’est la société camerounaise », affirme-t-il, estimant que la connaissance du passé permet de mieux saisir les réalités du présent et de mieux prévoir l’avenir. Arthur Pango, directeur général de la maison éditrice de l’ouvrage, Afrédit, a invité les lecteurs à lire et à faire lire l’ouvrage. « Pour que Le Passé méconnu soit connu », a-t-il déclaré, non sans inviter les Camerounais à se reconnecter à leurs racines.