À l’occasion de la Journée mondiale du lavage des mains, le 15 octobre 2026, la Cdhc alerte sur le manque d’eau et d’équipements d’hygiène dans les écoles, les hôpitaux et les prisons.
Rebara Habra
Se laver les mains reste un geste simple, mais son application se heurte encore à des obstacles au Cameroun. À l’occasion de la 19e édition de la Journée mondiale du lavage des mains, célébrée le 15 octobre 2026 sous le thème « Soyez un héros du lavage des mains », la Commission des droits de l’homme du Cameroun (Cdhc) tire la sonnette d’alarme sur les insuffisances en matière d’accès à l’eau potable et aux équipements d’hygiène.
Dans une déclaration publiée pour la circonstance, l’institution pointe notamment les inégalités entre les villes et les campagnes, les ruptures d’approvisionnement en eau et le manque de dispositifs fonctionnels pour le lavage des mains. Des carences qui touchent particulièrement les établissements scolaires, les marchés, les gares routières et les formations sanitaires périphériques.
La Commission s’inquiète également du déficit de sensibilisation des populations, dont la vigilance tend à diminuer en dehors des périodes de crise sanitaire. Elle établit un lien entre les insuffisances en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène, regroupées sous le sigle EAH, et la persistance de maladies transmissibles, notamment le choléra et les infections respiratoires aiguës.
Face à ces difficultés, l’institution appelle les pouvoirs publics à dépasser les réponses ponctuelles pour inscrire la prévention dans la durée. Elle recommande notamment la mise en place d’un mécanisme national de coordination des actions de promotion de l’hygiène des mains, ainsi que des contrôles réguliers de la fonctionnalité des installations sanitaires dans les établissements accueillant des personnes vulnérables.
Les ministères en charge de la Santé, de l’Éducation de base et des Enseignements secondaires sont notamment invités à renforcer les équipements de lavage des mains et l’apprentissage des bonnes pratiques d’hygiène. La Cdhc demande également que l’ouverture des établissements scolaires soit conditionnée à la présence de points de lavage des mains fonctionnels.
La Commission insiste également sur la nécessité de mener des campagnes de sensibilisation accessibles à tous, notamment aux personnes en situation de handicap, et traduites dans les langues locales. Elle rappelle que l’accès à l’eau potable et à l’assainissement relève aussi de la protection des droits humains.
Dans cette perspective, la Cdhc réaffirme son engagement à poursuivre ses actions de sensibilisation, ses missions d’enquête et ses visites dans les lieux de privation de liberté. Elle invite enfin les victimes ou témoins de violations des droits humains, notamment celles liées à l’accès à la santé, à l’eau potable et à l’assainissement, à saisir ses services au numéro vert 1523, accessible gratuitement, même sans crédit de communication.



