Kribi – Niété : 11 cas confirmés actifs de Mpox

Kribi en alerte.

Pour le ministère de la Santé publique, la situation est sous contrôle, mais elle exige un suivi particulier.

Lazare Kingue

Tout commence dans une habitation modeste du quartier Afan Mabe, à Kribi. Le 1er juillet 2026, une femme de 22 ans, de retour de Douala, présente des symptômes sévères. Admise au Centre médical d’arrondissement (CMA) d’Afan Mabe, les examens la confirment porteuse du virus. Trois semaines plus tard, le 26 juillet, les autorités sanitaires annoncent deux cas dans le district de santé de Niété, arrondissement éponyme. Le 29 juillet, la capitale régionale du Sud est, à son tour, touchée. À ce jour, la région compte trois districts en épidémie, avec 21 cas suspects recensés depuis le 10 mai. Parmi eux, 11 ont été confirmés par un laboratoire agréé, dont 9 sont toujours actifs et placés sous suivi médical.

Par ailleurs, 321 personnes sont placées sous observation, dont 79 contacts directs et 242 contacts indirects. Le taux de positivité avoisine les 52 %. Informé de la situation, le ministre de la Santé publique (Minsanté) est arrivé dans la station balnéaire du Sud, où il a effectué une visite de travail dense du 31 juillet au 1er août. L’objectif était de toucher du doigt la réalité locale et de sensibiliser les populations. Il a indiqué que dès la confirmation des premiers cas, un mécanisme de riposte a été mis en place. Celui-ci comprend notamment la cartographie des lieux fréquentés, le déploiement d’équipes d’intervention rapide régionales et de district, ainsi que l’ouverture de centres de prise en charge.

En outre, le 2 juillet, le système de gestion de l’incident régional a été activé, suivi le 3 juillet par celui du district de Kribi. Le 19 juillet, 650 doses de vaccin anti-Mpox sont arrivées à Kribi. Sur le terrain, 74 personnes ont déjà été vaccinées dans le cadre de la riposte dite « réactive ». Il s’agit de 58 agents de santé de première ligne, 12 contacts directs et 4 personnes vulnérables. Toutefois, la riposte exige stratégie et rigueur, alors qu’elle peine à suivre la vitesse de propagation de la maladie. « On n’a pas assez de vaccins pour tout le monde », a reconnu le ministre de la Santé publique. La priorité est donc accordée aux personnes exposées, notamment les personnels en première ligne et celles ayant déjà été en contact avec le virus.

Au 31 juillet 2026, la région du Sud en général, et le département de l’Océan en particulier, est entrée dans une phase de circulation active du virus, avec une transmission d’homme à homme. L’autorité sanitaire rassure : « La riposte a les outils nécessaires pour contrer l’épidémie. » Mais entre les annonces officielles et le vécu des populations, un fossé semble se creuser davantage chaque jour. Le deuxième défi du Minsanté, au-delà de la sensibilisation et du dispositif de lutte activé, est de parvenir à obtenir l’adhésion du public. « Le but est d’éviter que les gens se cachent et arrivent trop tard à l’hôpital. Car la maladie se transmet par contact et les complications guettent surtout les personnes immunodéprimées, les femmes enceintes et les enfants », prévient Manaouda Malachie.

À noter que le Mpox (anciennement appelé variole du singe ou monkeypox) est une maladie infectieuse due à un virus qui provoque une forte fièvre, des gonflements des ganglions et des éruptions cutanées remplies de liquide. C’est une zoonose transmise par les animaux, mais également par contact direct entre humains.