Joseph Owona Ntsama : « La musique camerounaise va à son rythme »

Le  critique musical s’exprime sur le livre « 100 titres clés de la variété camerounaise de 1950-2020 » qui a été présenté au public le 14 août dernier à Yaoundé.


Par Alain Ndanga


Pourquoi et quel intérêt pour un tel livre dans l’environnement artistique camerounais ?

Pour des raisons simples et qui, ma foi, paraissent évidentes. La première c’est que cet ouvrage ouvre, si j’ose dire, les références bibliographiques relatives à une sorte d’historiographie musicale camerounaise période contemporaine. L’environnement artistique s’enrichit incontestablement d’une contribution utile et importante avec l’arrivée de cet ouvrage, par conséquent. Enseignants, étudiants, artistes et sympathisants de l’histoire musicale y relative en ses aspects inédits, trouveront à n’en point douter leur compte.

Quel a été votre apport dans ce projet éditorial qui voit le jour ?

J’ai été consulté – comme bien d’autres – à la réflexion en amont relative à la conception de cet ouvrage. Et de même pour le choix stratégique de certains titres à succès que vous y trouverez. Des échanges notamment constants et qui datent, dans le temps, avec Hendricks Bilé, ont aussi je l’espère permis de bien maturer le projet.

1950-2020. La musique camerounaise avance dans le sens de l’industrie ou  recule du fait des influences extérieures ?

Disons tout simplement que la musique camerounaise va à son rythme avec ses contingences multiples et sa réalité sociologique : rien n’étant facile dans ce milieu. Il est évident qu’elle est, disons, beaucoup plus offensive sur les aspects managériaux comme tout le monde peut en faire le constat avec l’avènement des musiques urbaines. Les choses ont beaucoup changé avec de meilleurs profils de carrières et des conditions d’épanouissement pour les plus jeunes. On fera le bilan dans quelques années.

Depuis 2020, l’on assiste à un  autre phénomène musical, le Mbole. Comment capitaliser une telle création ?

Penser stratégiquement ses conditions de déploiement et d’accroche pour qu’il s’installe durablement comme un genre esthétique musical susceptible de faire sens. Autrement dit, le sortir de son petit côté sylvestre. Ses marketeurs ont donc du pain sur planche, si ça se trouve.

Que dire de ces artistes qui ne sont visibles que sur les réseaux sociaux ?

Qu’il faut bien évidemment aller plus loin que ça en faisant des dates (des tournées ici et là) et des concerts de qualité. La visibilité (ou le personal branding) est certes très importante (et les réseaux sociaux y contribuent pour beaucoup), mais cela ne saurait suffire à mon humble avis.