Jean Pierre Salla:  Nous avons l’ambition de passer à 10 tonnes par mois.



Le promoteur de la ferme Buangsa Mbpeh revient de manière détaillée sur les obstacles qui freinent l’expansion de la filière aquacole à kribi et implore la réaction des pouvoirs publics.


Par Lazare kingue


Parlez-nous de manière détaillée des difficultés que vous rencontrez.


Les problèmes auxquels nous faisons face, tels que nous les avons exposés, au premier rang de cela nous avons la difficulté d’accéder à une énergie de qualité. Ça veut dire que le courant que nous avons est très instable, il ne favorise pas un travail efficient. Nous sommes obligés de commencer la journée à deux heures du matin et il est rare qu’on la termine avant dix-sept heures parce que le courant ne permet pas aux pompes immergées de renvoyer de l’eau continuellement toute la journée. Il y a des arrêts de travail. Le deuxième problème auquel nous faisons face, hélas, c’est un problème général qui est connu : c’est celui de l’accès à l’aliment de qualité. C’est vrai qu’on nous encourage à envisager nous-mêmes de produire le dit aliment, mais encore faudrait-il que nous maîtrisions la technique. Ça veut dire que l’accès à l’aliment n’est pas évident. Il est cher lorsqu’on le trouve. Ce qui rend cher également la production. Mais comme nous ne voulons pas que  les consommateurs souffrent de cela, ce sont nos gains qui sont amputés. Le troisième problème que nous rencontrons, c’est que nous n’avons pas d’accompagnement financier. C’est pas facile d’accéder au crédit auprès des établissements financiers parce qu’évidemment ils ne rencontrent peut-être pas des garanties. C’est pourquoi il faudrait que nous soyons soutenus par les pouvoirs publics qui peuvent être notre caution.

Comment fonctionne votre structure aquacole ?


Le responsable de la production est un produit de l’université de Douala. Il maîtrise son travail. Nous avons également des personnels qui ont été formés auprès des experts en matière de pisciculture. Notre force c’est que tout le personnel réside sur place. Nous avons construit des locaux pour ça. C’est important parce qu’on peut se regrouper à tout moment. On peut lancer un cri, tout le monde se met ensemble. Et puis il y a la moralité qui est de qualité. Côté technique, nous achetons des alevins soit à Douala, soit à Yaoundé. Nous empoisonnons par cycle de 3 semaines. Dans cette salle d’empoissonnement, il séjourne pendant 4 semaines, un maximum de 5 semaines. C’est alors qu’on procède au premier calibrage pour éviter le cannibalisme. Les plus gros sont transférés au bâtiment de croissance. Là-bas aussi, ils vont faire 3 semaines à peu près. Lorsqu’ils ont entre 350 et 400 grammes, on les transfère au bâtiment de finition. C’est du bâtiment de finition qu’ils partiront pour le comptoir de vente, alors qu’ils auront une pesée entre 450 et 600 grammes. Ceux qui ont plus de 600 grammes sont conservés pour être des prochains géniteurs. Actuellement, nous sommes en train de sortir entre 4,5 et 5,5 tonnes par mois. Mais nous avons l’ambition de passer à 10 tonnes par mois.


Envisagez-vous la diversification ?


Nous pensons entamer la diversification. Nous voulons essayer les carpes et les tilapias. Lors d’une assemblée de l’Oidac, on avait évoqué la possibilité d’introduire le pangasius. Mais est-ce que les essais techniques ont déjà accepté que cette espèce soit élevée ? Ce n’est pas encore le cas. Pour le moment nous sommes sur le silure parce qu’il est résistant aux maladies et le cycle est court.


Que faites-vous pour la postérité et la formation ?


Je suis de ceux qui pensent que seul on ne peut pas aller loin. Nous avons remis des kits à ceux qu’on a formés bien avant même qu’on ait fait de nous chevalier de l’ordre du mérite agricole. C’est pour dire que nous pensons à la postérité. Notre ambition c’est d’avoir des jeunes, particulièrement des femmes qui s’intéressent. Sur la route de Lolodorf, sur la route d’Akon 2, sur la route de Campo, sur la route d’Akom 2. Puisque Kribi c’est le carrefour. Et Kribi devrait être cité parmi les pôles de production les plus importants lorsqu’on parlerait de l’aquaculture.