Jean Célestin Watat: Je suis prêt à jouer un rôle si l’on me sollicite.


Figure politique du département de l’Océan, Jean Célestin Watat revient sur 20 ans d’activités au Rdpc. Il se dit fier du travail accompli aux côtés du chef de l’État et assure que malgré l’âge, son engagement reste intact. Pour lui, il faut désormais laisser la place aux élus tout en restant mobilisé jusqu’au bout pour le président Paul Biya.


Par Lazare kingue



Vous êtes un acteur politique très connu dans le département de l’Océan. Il y a une vingtaine d’années, vous étiez sur tous les fronts. Comment vous rappelez-vous de ce passé politique ?


C’est un passé positif. J’ai travaillé pour le Président. J’ai fait beaucoup pour lui et il a été reconnaissant. À tous ses passages ici à kribi j’ai toujours été dans l’équipe qui a organisé ses arrivées. Que ce soit pour l’inauguration du projet du pipeline Tchad- Cameroun , la pose de la première pierre du port, ou tous les autres moments où il est arrivé ici, j’ai  été parmi les grands mobilisateurs de la population. Et j’ai fait bien plus que ça pour le parti. Il a été reconnaissant en m’honorant de médailles.  Je lui suis reconnaissant. Aujourd’hui, où j’ai atteint un certain âge, je pense qu’il faut penser autrement, il faut se reposer.


En 20 ans d’activité politique dans le RDPC au sein du département de l’Océan, vous avez certainement beaucoup dépensé. Est-ce que vous pensez que le Rdpc vous a donné en retour comme il se doit ?


J’ai sept enfants, presque tous sont nés à Kribi, devenus grands, des docteurs, des ingénieurs , des hommes d’affaires. J’ai aussi des activités économiques  qui m’ont beaucoup rapporté. Donc je ne peux pas me plaindre que j’ai dépensé beaucoup d’argent, non. Dans une ville, on doit contribuer à l’épanouissement communautaire, au développement des activités sociales.  Que ce soit dans les associations diverses, caritatives, là où il faut contribuer, on doit le faire. Le Rdpc étant un parti, nous contribuons également tant qu’on peut pour que la flamme reste allumée.


Quelle est votre place exacte aujourd’hui dans le milieu politique ? Les observateurs vous trouvent totalement effacé…


Non, Monsieur Watat ne s’est pas retiré du milieu politique. Je demeure  quelqu’un qui a fait longtemps des actions visibles et qui s’est impliqué au premier degré. J’ai été une personnalité ressource pendant plus de 15 ans. J’avais mon mot à dire, et j’agissais conséquemment. Donc, dire que je suis en retrait, non. On ne peut pas se mettre en retrait tant que le chef de l’État est là. Nous le soutenons. Nous irons jusqu’au bout avec lui et on n’est pas fatigué de le faire. Mais pour l’instant, les politiciens choisis pour jouer leur rôle de politicien dans les mairies et dans d’autres institutions doivent jouer leur rôle. Si nous nous y mettons encore, ce sera leur faire ombrage. Je me suis dit : il faut les laisser faire. Quand ça concerne la politique, ils ont un rôle et ils doivent défendre leurs mandats.


Est-ce que vous pensez que pour les échéances à venir vous pouvez avoir un rôle à jouer ?


Ceux qui décident au sommet de notre politique peuvent voir si monsieur Watat peut jouer un rôle à son âge. Je suis prêt à jouer un rôle important si je suis sollicité. Je ne vais jamais demander du travail tant que je ne suis pas sollicité parce que j’en ai déjà assez. Et j’ose croire que, pour ce qui est du parti, tout le monde veut jouer un rôle. Tout le monde a envie d’être utile pour son pays, pour son parti. Alors si on me demande un rôle qui peut me convenir aussi, parce que ce n’est pas d’aller jouer des rôles inutiles… Et puis je suis à Kribi quand même. Je ne peux pas vouloir jouer les premiers rôles. Kribi nous a accueilli, Kribi a fait de nous ce que nous sommes. Vouloir jouer les premiers rôles, non. Mais être dans l’équipe qui doit défendre les intérêts de la ville, je crois que je peux accepter d’y être. Pas pour jouer les premiers rôles. Le premier rôle reste pour les autochtones.


Bien que n’étant pas du tout retiré de la politique, à quoi vous occupez-vous au quotidien ?


J’ai pris de l’âge et à mon âge je dois beaucoup plus m’occuper de ma santé et préserver les acquis. Éviter des conditions encore trop tendues parce que les maladies sont là, il faut les gérer.  Il faut comprendre qu’à un certain âge il faut se mettre en retrait, observer, laisser les jeunes évoluer, que de leur faire ombrage. Parce que si à mon âge on est encore en train de faire certaines choses, les jeunes se demanderont si ces vieux-là ne se fatiguent pas. Il faut donner de la place aux autres.  Au-delà de la politique, il y a le côté communautaire.  Avec nos frères ressortissants de Bangangte à l’Ouest, tout se passe bien. Même si par moments on a des idées divergentes, on reste unis. Fort de cela, mon chef supérieur Njimoli Seidou m’a confié la communauté Banganté. Ça fait que j’ai une base assez solide pour pouvoir élargir mon champ d’action. Avec cette base, on peut faire beaucoup de choses. Les communautés sont prêtes à nous recevoir. La dernière fois, on eu une séance conviviale au sein de la  communauté Banganté de kribi . C’était assez effervescent. Ils étaient très contents de revoir leur fils. C’est pour dire qu’avec cet ancrage communautaire que nous marquons, le Rdpc peut compter sur la communauté Banganté. Nous sommes assez ouverts. Déjà, nous avons nos parents qui sont à un niveau très élevé de la politique. Notamment  la reine mère Ketia Courtes, et monsieur Niat. Paix à son âme, il nous a quittés. C’étaient aussi les piliers qui sont autour du patron et qui nous permettent de ne pas nous mettre en marge alors qu’ils sont là-bas en train de jouer leur rôle. Nous ne suivons que leur chemin. Nous marchons avec Paul Biya jusqu’au bout.