Grand Prix Serge Pouth : La CRTV fait œuvre de mémoire

L’entreprise audiovisuelle a dévoilé les trois lauréats de la 1ère édition du Grand prix du documentaire Serge Pouth, ce 13 octobre 2026 à Yaoundé.

Michel Enony

Au prochain épisode.
Première édition de la cérémonie de dévoilement du Grand Prix du documentaire Serge Pouth. La salle Ongola A Samba, située au cœur de la mairie de ville de Yaoundé, a servi de cadre à cet hommage rendu à celui qui fut bien plus qu’un simple journaliste : « Un artisan de la culture, un amoureux des mots et un tribun redoutable », comme l’a affublé de qualificatifs, Charles Ndongo, directeur général de la Cameroon Radio and Television (Crtv).

Décédé il y a quelques mois, Serge Pouth laisse derrière lui un vide, mais surtout un héritage, journalistique et culturel. En donnant à cette distinction annuelle le nom de ce grand esprit, la CRTV accomplit un double geste. « Celui de l’accomplissement d’un devoir de mémoire et celui de l’affirmation d’un repère pour les générations présentes et futures », l’a souligné Félix Zogo, représentant du ministre de la Communication. À travers ce prix, l’organisme public de l’audiovisuel choisit de regarder résolument vers l’avenir en faisant de l’innovation et de l’excellence des valeurs cardinales de son action.

Serge Pouth était un périple de culture à lui seul. Journaliste perfectionniste sans concession, il savait jouer artistiquement de la latitude que lui offraient les circonstances. Tour à tour rat de bibliothèque insatiable, mélomane éclairé ou avant-gardiste porteur du projet de web radio, il laisse l’image d’un touche-à-tout passionné, avide de savoir et de comprendre. Son émission à succès, « Ponctuation », née de sa quasi-obsession pour les livres rares, survit aujourd’hui à son créateur comme un hommage riche de l’élan du génie qui soutint ses premiers pas.

Pour Charles Ndongo, il s’agit de saluer le parcours épique d’une figure qui continue de marquer son époque par l’ampleur de son exigence et la densité de son talent. « En feuilletant tel cahier de souvenirs, on croirait Serge revenu parmi nous », a-t-il déclaré, rappelant l’attachement de Serge Pouth pour les textes prémonitoires de Georges Brassens sur la disparition des êtres chers. En lice, les 10 stations régionales de la Crtv pour se départager les trois places du podium avec pour thème « L’eau ». Cette première édition marque le début d’un film documentaire qui n’est qu’à son premier épisode.

Tableau des vainqueurs

1er : Or, Crtv Extrême-Nord 
2e prix : argent, Cet Ouest 
3e prix : bronze, Crtv Nord
 

Réactions

Jean Pierre Congé, CRTV Extrême-Nord : Dans la région de l’Extrême-Nord, on va toujours d’un extrême à l’autre

Recevoir le premier prix du prix Serge Pouth pour nous, c’est une grande fierté. C’est la récompense du travail que nous avons fait en nous penchant sur un des défis qui est l’un des défis majeurs de la région de l’Extrême-Nord : la question de l’eau. L’eau qui est en même temps une source de vie, qui est en même temps une menace, un danger quand elle vient à être en abondance. Alors on a dit, s’il faut parler de l’eau, c’est ces deux aspects-là. Et dans la région de l’Extrême-Nord, on va toujours d’un extrême à l’autre. Tout est extrême. Quand c’est la chaleur, on est à l’extrême. Quand c’est le froid, c’est à l’extrême. Quand c’est l’eau, c’est à l’extrême. Quand ça manque, c’est encore à l’extrême. On a voulu jouer sur ce contraste-là, entre les trombes d’eau qui traversent nos maillots pendant les heures de pluie et le vide total, la sécheresse totale, le sol qui craquelle. On a dit il faut jouer sur ça pour qu’on fasse quelque chose de bien. Heureusement, le jury a apprécié. On est très contents.
 
 

Pascal Valandi, CRTV Nord : Je félicite mes collègues qui se sont battus pour que nous obtenions ce prix

Nous apprécions à sa juste valeur cette initiative du top management qui crée une saine émulation entre les différentes stations. Déjà, je félicite mes collègues qui se sont battus pour que nous obtenions ce prix. Dans la suite, nous allons faire preuve de professionnalisme et d’engagement pour non seulement maintenir les acquis, mais améliorer ce qui peut l’être pour peut-être porter la couronne dans les prochaines éditions. Le sujet de CRTV Nord, c’était la Bénoué, un potentiel agricole à valoriser. C’était le thème parce que la Bénoué, en elle-même, représente l’image de la région du Nord. Et donc, avec tous les atouts que nous donne la Bénoué, nous avons pensé qu’il fallait le faire découvrir au reste du pays.
 

Olivier Mbezele Belinga, CRTV Ouest : L’objectif était de présenter ces lacs au monde entier

Pour que l’eau ne disparaisse pas un jour, de façon traditionnelle, de façon mystique, de façon mystérieuse, on crée des conduits d’eau que seuls les initiés peuvent voir, qui partent du fleuve Noun jusqu’au lac. Donc il se dit que les étendues d’eau que nous voyons là, les lacs, c’est les ancêtres Bamoun qui ont créé ces étendues d’eau pour que l’eau ne manque jamais dans le département du Noun. Parce que tout ce qu’on fait dans le Noun, c’est à travers ces lacs. On dit que les animaux que les chasseurs tuent proviennent des lacs. Comme dans la zone forestière, on sait que les animaux vont dans la forêt, dans les monts Noun, les animaux que les gens mangent, les chasseurs chassent, vivent dans l’eau.

On nous raconte que tous ces lacs-là se communiquent entre eux. On nous raconte que parfois l’eau de ces lacs se transforme parfois en l’eau rouge. Et ils disent que tous nos ancêtres décédés y vivent, et c’est pour ça que cette région prospère en agriculture. Il y a un autre fait, sur le plan de la richesse de ce terroir du Cameroun. Le département du Noun lui seul dispose de plus de dix lacs, dix lacs en seul département, et six dans un seul arrondissement. Donc c’est une grande richesse touristique pour le Cameroun. C’est sur cette base que nous sommes partis et nous avons rencontré des populations très dynamiques, gentilles, qui nous ont accompagnés, parce que l’objectif était de présenter ces lacs au monde entier.