Gouvernance locale: Des réflexions sur comment  renforcer la représentativité des femmes

À l’initiative de l’ONG Search For Common Ground, les femmes maires et conseillères municipales ont pris part à une table ronde le 3 mars dernier afin de discuter, entre autres, de leur participation politique.

Par Lorine Claudia Agnang

Voici un tableau : sur les 360 communes que compte le Cameroun, seules 39 femmes sont maires titulaires, tandis que 327 occupent des postes d’adjointes pour le mandat 2020-2025. À l’Assemblée nationale, elles représentent 32 % des députés, contre 33 % au Sénat. Bien que ces chiffres aient progressé, leur représentativité reste faible, surtout au regard des engagements du Cameroun en faveur de l’égalité des sexes et de la participation politique de tous, à travers l’adoption des Objectifs de développement durable et la ratification de plusieurs textes internationaux. Lors de cette table ronde organisée à Yaoundé, les femmes maires et conseillères municipales de la région du Centre ont pointé du doigt plusieurs obstacles : la peur d’oser et de se positionner en tête de liste, un faible engagement politique des femmes, et un manque de formation adéquate.


À l’approche des prochaines échéances électorales, Search For Common Ground, en partenariat avec les Communes et Villes Unies du Cameroun (CVUC) et l’ambassade du Canada au Cameroun, a jugé nécessaire de remettre cette problématique au centre des débats :« Une femme qui n’est pas éduquée ne peut pas enseigner. Cette table ronde est une occasion d’éducation, d’information et de partage pour permettre aux femmes d’impulser une dynamique dans leurs communautés. Il s’agit de renforcer leur participation politique, leur compréhension des processus de décentralisation et leur rôle dans la prévention des conflits au niveau communautaire. », fait savoir Tatiana Lobe, représentante pays de Search For Common Ground. À travers des interventions portant sur le rôle des femmes dans la gouvernance locale et la décentralisation, les défis et opportunités qu’elles rencontrent, ainsi que des études de cas sur leur impact dans la construction de la paix, les participantes ont été édifiées.


Mais un souhait a particulièrement retenu l’attention « La sensibilisation ne doit pas se limiter aux leaders que nous sommes. Il est facile pour nous de comprendre les enjeux politiques, mais il faut aussi toucher les femmes de base. », dixit Bikay épouse Kome Véronique, maire de la commune de Dibang. Search For Common Ground est une ONG internationale présente dans 36 pays, dont le Cameroun, où elle œuvre pour transformer les conflits en opportunités de paix. Cette rencontre a permis de rappeler que la place des femmes dans la gouvernance locale ne dépend pas uniquement des textes, mais aussi d’un engagement collectif pour un changement durable.