Gouvernance : Ce que révèle le sondage du Projet C

Une partie des résultats de l’enquête du Projets C.

L’enquête menée auprès de 1000 Camerounais donne 90,5% favorables à l’inscription de la limitation des mandats présidentiels dans la Constitution, entre autres.

Guy Martial Tchinda 

Près de sept ans après le grand dialogue national tenu à Yaoundé au Cameroun du 30 septembre au 04 octobre 2019, le Projet C  appelle à l’organisation d’un autre. Cette fois-ci, l’événement devrait se décliner en plusieurs étapes, comprenant des groupes de discussion, des débats nationaux ouverts et un forum d’experts. La démarche telle qu’envisagée par le Projet C prévoit une consultation citoyenne large et inclusive à travers le pays et au sein de la diaspora, et devrait aboutir, à terme, à la rédaction d’une nouvelle Constitution à la hauteur des défis et des aspirations nationales. « C’est un moment de réflexion, d’humilité et d’action. Le Projet C appelle les citoyens, la société civile, le secteur privé et les serviteurs publics à dépasser les intérêts particuliers et à placer le pays avant tout. Notre diversité, notre foi et l’énergie de notre jeunesse sont nos plus grandes forces. Mettons-les au service du renouveau de la nation », écrit le Projet C dans un communiqué.

Cet appel est motivé par les résultats préliminaires d’un sondage qu’il mène sur le climat sociopolitique au Cameroun. Des données qui indiquent que 90,5% des 1000 répondants réclament l’inscription de la limitation des mandats présidentiels dans la Constitution et que 58,2% disent ne pas faire confiance aux institutions publiques actuelles. En matière de gouvernance et d’éthique publique, 88,6% des sondés affirment que la corruption les touche directement ou affecte leur communauté, 94,5% exigent des sanctions renforcées à l’encontre des coupables, tandis que la mauvaise gouvernance (47,2%) et la corruption (28,7 %) sont désignées comme les plus grands fléaux du pays.

De même, 77,7 % des personnes interrogées voient en ce dialogue national la seule issue à la crise sociopolitique qui sévit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis 2016 et 81 % demandent une protection effective de toutes les langues et cultures, entre autres. « Le Projet C se tient à la croisée des chemins de l’histoire. Aujourd’hui, nous invitons chaque Camerounaise et chaque Camerounais, jeunes et moins jeunes, de toutes les régions et de tous horizons, à s’engager dans un processus national de délibération qui déterminera l’avenir de notre pays. Notre vision dépasse la politique. Il ne s’agit pas de la prochaine élection, mais de l’âme même du Cameroun », écrit cette organisation dans un communiqué,  tout en invitant les Camerounais à se rendre sur son site internet pour participer aux prochaines consultations publiques.

Le Projet C est un mouvement citoyen qui rassemble les Camerounais de la diaspora et vise à promouvoir la participation citoyenne, la transition démocratique et le débat national au Cameroun.