Gestion des déchets : Le compostage, l’autre solution

Cette pratique qui consiste à transformer les déchets biodégradables en compost, à laquelle des étudiants ont été formés, permet de réduire les détritus qui abondent dans les rues.


Par Blaise Djouokep



Les étudiants formés au compostage.

Derrière l’amphi 1 100 de l’Ecole Nationale Supérieure Polytechnique de Douala (Enspd) de l’université de Douala, des étudiants s’exercent à la phase pratique de la formation qu’ils suivent depuis deux jours. Ils s’attèlent à transformer des fûts en plastiques en composteur de déchets ménagers. Lesquels déchets seront transformés en compost. La formation de deux jours s’achève le samedi 10 février. Elle est dispensée par l’association Sociétés Educations Environnement (See). « Les déchets produits par les populations sont constitués des déchets fermentescibles, donc, biodégradables. Ces déchets sont compostables et peuvent retourner dans la nature. Ils sont malheureusement jetés avec les autres déchets. La ville s’investit à trouver les moyens pour les transporter vers les décharges où ils sont enterrés, pollués par les autres et participent à la pollution des nappes phréatiques », regrette Blandine Olive Tchamou, coprésidente de l’association See.

Le compostage de proximité, explique-t-elle, va réduire la quantité des déchets qui seront collectés et traités de manière inadéquate. D’où l’importance pour les populations d’acquérir cette compétence qui leur permettra de traiter sur place les déchets qu’ils produisent. « Le compostage en tas qui chauffe est le plus indiqué à la maison. Il suffit que les déchets biodégradables soient entassés et que les conditions soient réunies pour que cela chauffe afin que les bactéries agissent pour les dégrader. Il est aussi intéressant de mettre les déchets verts et les déchets bruns pour faciliter le compostage et mieux structurer le compost. On peut le faire en mettant des déchets par terre et en les couvrant avec une bâche, tout comme on peut le faire dans des composteurs, en adaptant des futs en composteurs », explique Blandine Olive Tchamou.

Seulement, faute d’espace, il est difficile pour certains de pratiquer le compostage. Pour faciliter la pratique de cette technique, il est possible pour les familles, voisins de se mettre en groupe. C’est ce qui a été implémenté avec les apprenants. « Pour matérialiser la pratique du compostage, nous avons demandé aux différents apprenants de nous donner leurs quartiers. L’idée est de créer des groupes. Ils vont se mettre en réseau, pour que si quelqu’un n’a pas d’espace, qu’il puisse se mettre avec celui qui en a afin qu’ils fassent ensemble le compostage. Il est question de créer un réseau. La mise en réseau peut faciliter l’acquisition d’un espace pour la mise en place d’un composteur », explique Paul Kouteu, enseignant au département de génie des procédés de l’Enspd.

L’enseignant souhaite qu’un contexte soit créé pour que ceux qui veulent adopter le compostage des déchets ménagers. Mais, résoudre le problème d’ordures ménagères passe également par l’éducation. « Si les citoyens ne sont pas éduqués, quelques soient les mesures qu’on prendra, on n’arrivera pas à des solutions efficaces. L’éducation se fait à l’école et à la maison. Cela commence à la maison, dès le bas âge. Si le citoyen grandit avec la notion de gestion de déchet, de développement durable, nous sommes convaincus qu’on pourra arriver à des solutions durables », argue Blandine Olive Tchamou.