Gestion de crise : Comment « faire de la relation une stratégie »

Dédicacé le 16 juillet à Yaoundé 2026, le 1er ouvrage d’André Stéphane Mahob Mbock fait de la relation humaine la clé de voûte de la gestion de crise. 
Par Désiré Domo
L’amphithéâtre Hervé Bourges de l’École supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication (Esstic), était plein à craquer le 16 juillet 2026. Organisée sur le campus de l’Esstic, la dédicace d’André Stéphane Mahob Mbock a rassemblé professionnels de la communication, dirigeants, étudiants et acteurs de la société civile. Au programme : table-ronde, échanges avec l’auteur et séance de dédicace. Cette formule a permis à un public hétérogène de dialoguer directement avec le consultant et d’approfondir les enjeux de la communication de crise dans un environnement connecté et instable.
Intitulé «Gestion de crise : Faire de la relation une stratégie» et publié en janvier 2026 aux Éditions Gereso, l’ouvrage de 164 pages place l’humain au cœur du dispositif. Pour l’auteur, la crise ne crée pas les failles. Elle les révèle. Et ce qui distingue deux organisations confrontées aux mêmes outils et aux mêmes procédures, c’est le capital relationnel. «Cet ouvrage s’inscrit dans une démarche de rupture. Il vise à mettre la relation humaine au cœur de la gestion de crise. La crise agit comme un révélateur : elle met à nu la qualité des relations entre une organisation et ses publics », a expliqué André Stéphane Mahob Mbock. Le livre défend une lecture stratégique de la prévention et de la gestion des situations sensibles. Il montre que les parties prenantes, internes comme externes, peuvent devenir des alliés précieux, des observateurs passifs, ou des détracteurs actifs. Cette posture ne dépend pas du process, mais de la confiance construite en amont. Entretenir, renforcer et, si besoin, restaurer les liens devient alors une condition essentielle pour résoudre la crise.
 
En préfaçant l’ouvrage, Frédéric Fougerat, président de Tenkan Paris et expert en communication de crise, rappelle que la qualité des relations conditionne directement l’efficacité de la communication et la confiance des publics. L’ouvrage se veut ainsi un guide à la fois pratique et prospectif, à destination des étudiants et des praticiens. Il combine procédures claires, études de cas et avis d’experts pour outiller ceux qui doivent anticiper et répondre.
Durant la conférence, les échanges ont porté sur les différentes temporalités de la crise. En amont, l’enjeu est de construire un capital de confiance suffisamment solide pour résister aux turbulences. Quand la crise éclate, il faut privilégier le dialogue, la transparence et le maintien du lien. Après, le travail se poursuit par la reconstruction de la confiance et l’intégration des enseignements dans la gouvernance. Les participants ont interrogé l’auteur sur les méthodes pour mobiliser ce capital relationnel comme levier préventif et curatif. Le choix de l’Esstic n’était pas anodin. En présentant son ouvrage au sein de l’école qui forme les futurs journalistes et communicants du Cameroun, André Stéphane Mahob Mbock inscrivait son intervention dans une démarche de transmission. La rencontre partagée par les dirigeants de l’Esstic au premier rang desquels François Marc Modzom, directeur de l’institution, a aussi mis en lumière le savoir-faire de la jeunesse camerounaise et africaine dans les métiers de la communication et des relations publiques, et la volonté de rapprocher réflexion théorique et pratique professionnelle.
En clôture, l’auteur a résumé sa thèse en une formule : « En temps de crise, une marque aimée survit mieux qu’une marque armée ». Plans d’urgence, éléments de langage et procédures restent indispensables, mais insuffisants. Une crise sans confiance devient un danger pour l’entreprise. Bien gérée, elle peut au contraire révéler la force du collectif et la valeur d’une histoire commune.