Doyenne et capitaine des Lionnes indomptables du Cameroun, championnes d’Afrique, elle revient sur l’épopée glorieuse du Maroc et se projette sur son avenir en sélection, à 37 ans.
Désiré Domo

On va dire ouf, enfin! Vous êtes récompensée après de nombreuses années, de nombreuses tentatives, par un titre de championne d’Afrique. Bien que vous soyez restée sur le banc de touche, on a vu votre influence et votre importance sur l’ensemble du groupe. Un groupe qui n’a eu que quelques semaines de préparation, mais qui a donné l’impression de se connaître depuis longtemps. Comment avez-vous réussi à fédérer ces jeunes joueuses autour de vous ?
Quand je suis arrivée en stage, parce que le regroupement avait déjà commencé et sachant ce que j’avais sacrifié derrière en club, il fallait que mon groupe porte des fruits. J’ai croisé de jeunes sœurs très fortes en sélection. Mon premier discours est passé. Je crois que c’est ce qui nous a conduites jusqu’au sacre final. Elles ont compris que oui, elles pouvaient me soulever. Le message est passé et mon groupe m’a beaucoup donné. C’est pour cela que je leur dis merci.
10 ans après la finale perdue en 2016, avez-vous ressenti un sentiment de revanche ? Et puis, il y a aussi cette fameuse vidéo où vous dansez. C’était la Première dame ?
2016-2026, l’attente était trop longue. Si on m’avait dit que cette année serait la bonne, je ne l’aurais pas cru. En ce qui concerne la Première dame, Chantal Biya, c’était effectivement elle. Moi, j’étais en interview et le président de la Fecafoot est venu me tendre le téléphone, je ne savais pas. C’est quand j’ai regardé la caméra que je me suis rendue compte que c’était elle qui nous félicitait ; elle était très contente. De la voir ainsi, ça nous a fait chaud au cœur. Elle n’avait pas encore vu soulever un trophée majeur venant des femmes. Aujourd’hui, nous espérons que nous aurons la chance de lui remettre ce trophée en personne.
Quel aura été l’apport de la sélectionneuse Valentine Nguélé à ce succès ?
Ce n’est pas en sélection que je découvre Valentine Nguélé. Elle a été ma coach à Louves Minproff. Nos rapports existaient donc bien avant sa nomination. En ce qui concerne notre belle prestation à la Can féminine 2026, je ne dirais pas seulement que la coach Valentine a été merveilleuse : c’est tout un staff qui a été merveilleux. Ce succès, je crois que c’est grâce à eux.
Envisagez-vous la retraite après ce titre continental ?
J’ai 37 ans, je sais que beaucoup veulent me voir prendre ma retraite (rires). Je vous ai dit dans une vidéo que l’âge n’est qu’un chiffre. Si vous voulez vous sentir vieille, vous allez vous sentir vieille. Le président de la Fédération m’a dit : « Ma capitaine, c’est vous qui décidez. » Je répondrai donc juste que je serai toujours présente à chaque fois qu’un entraîneur aura besoin de moi.



