Frédéric Augé : Nous fixons le cap de 4 tonnes à l’hectare 

Afin d’accroître les performances de la Socapalm, le directeur général a effectué une tournée dans les différentes plantations. Objectif, booster le personnel et lui inculquer la nouvelle vision baptisée Socapalm 2.0. Cette vision passe par une discipline accrue dans les pratiques culturales ; une meilleure maîtrise des pertes ; un entretien rigoureux des plantations ; une planification plus performante.
 
Blaise Djouokep
 
 
Quel bilan et enseignements peut-on tirer de la visite que vous venez d’effectuer dans les différentes plantations de la Socapalm ?
 
La première richesse de la Socapalm, ce sont ses femmes et ses hommes. Au-delà des infrastructures et des performances techniques, je suis allé écouter, comprendre et partager une vision commune avec celles et ceux qui créent chaque jour la valeur de notre entreprise. J’ai découvert des équipes engagées, compétentes et profondément attachées à la Socapalm. J’ai également constaté que nos marges de progression résident moins dans notre potentiel que dans notre capacité collective à mieux anticiper, mieux coordonner et mieux exécuter. Le principal enseignement est simple. Lorsque la vision est partagée, les responsabilités clairement assumées et que chacun comprend le sens de son action, la performance devient une conséquence naturelle. Socapalm 2.0 n’est donc pas une campagne de communication. C’est une nouvelle manière de piloter l’entreprise, fondée sur la proximité, la responsabilité et l’action.
 
Pendant l’échange avec le personnel des différentes plantations, vous avez insisté sur l’objectif d’atteindre un rendement moyen de 4 tonnes par hectare d’ici 2028. Quels seront les principaux leviers pour atteindre cette performance ?
 
Notre ambition est exigeante, mais elle est parfaitement réaliste. L’objectif des 4 tonnes par hectare ne repose pas sur un miracle agronomique. Il repose sur l’excellence opérationnelle. Nous agirons simultanément sur plusieurs leviers : une discipline accrue dans les pratiques culturales ; une meilleure maîtrise des pertes à chaque étape de la chaîne de production ; un entretien rigoureux de nos plantations ; une planification plus performante des opérations ; le renforcement des compétences de nos équipes ; un management davantage fondé sur les résultats et la responsabilisation ; un meilleur dimensionnement de nos équipes ;  la stabilisation de  la main-d’œuvre ; meilleure gestion de la compétence technique existante ( the right man at the right place) ; à cela s’ajoutent la digitalisation progressive de certains processus, l’exploitation intelligente de nos données et une culture permanente d’amélioration continue. Notre objectif n’est pas simplement de produire davantage, de produire mieux, durablement et de manière responsable.
 
Vos échanges ont réuni responsables d’exploitation, équipes de terrain et représentants du personnel. Quels messages les collaborateurs vous ont-ils adressés ?
 
J’ai entendu des collaborateurs profondément attachés à leur entreprise. Ils attendent de la clarté, de la reconnaissance et une plus grande proximité du management. Ils souhaitent disposer des moyens nécessaires pour réussir leur mission, mais ils sont également prêts à prendre leur part de responsabilité.
 
Le dialogue a été franc, constructif et parfois exigeant. Ces échanges alimenteront directement nos décisions futures. Nous voulons bâtir une entreprise où les décisions prises sont éclairées par les réalités du terrain. C’est précisément l’esprit de Socapalm 2.0. Faire circuler l’information dans les deux sens et faire de chaque collaborateur un acteur de la performance collective.
 
Vous avez appelé les équipes à « gérer plutôt que subir ». Comment cette évolution des pratiques peut-elle transformer durablement la performance de la Socapalm ?
 
Cette phrase résume à elle seule toute notre démarche. Une entreprise performante n’attend pas que les problèmes surviennent. Elle les anticipe. Passer d’une culture où l’on subit à une culture où l’on agit signifie que chacun devient responsable des résultats de son périmètre. Passer d’une attitude passive à une attitude active, c’est prendre des initiatives, faire preuve de rigueur, anticiper les risques, rechercher sans cesse des solutions et devenir une force de proposition au service de la performance durable de la Socapalm.
 
Cette évolution est avant tout culturelle.Changer la culture, c’est changer les résultats. Lorsqu’une entreprise adopte les bons réflexes, les performances ne tardent jamais à suivre. C’est cette transformation des comportements qui permettra à la Socapalm de franchir un nouveau cap.
 
Au-delà des objectifs de production, en quoi la démarche Socapalm 2.0 marque-t-elle une évolution du mode de management et de gouvernance ?
 
Socapalm 2.0 traduit une évolution profonde de notre manière de manager. Nous passons progressivement d’une logique de contrôle à une logique de leadership partagé. Notre gouvernance devient plus proche du terrain, plus agile, davantage orientée vers les résultats mais aussi vers l’écoute et la responsabilisation.
Nous voulons que chaque manager soit avant tout un facilitateur de performance. Notre ambition est également de renforcer la transversalité entre les directions, de développer davantage la coopération et de créer une dynamique collective où chacun comprend la contribution de son métier à la réussite globale de l’entreprise.
 
À l’issue de cette tournée, quelles seront les priorités de la Direction générale ?
 
Le plus important commence maintenant. Notre priorité sera d’assurer la mise en œuvre concrète des engagements pris sur le terrain. Chaque plantation dispose désormais d’objectifs clairs, d’une feuille de route précise et d’indicateurs de suivi. La direction générale accompagnera cette mise en œuvre avec rigueur et proximité. Nous poursuivrons également nos efforts en matière de sécurité, de développement des compétences, d’amélioration continue, d’innovation, de dialogue social et de durabilité.
Nous voulons transformer cette dynamique en résultats durables et mesurables. Notre ambition est simple : faire de chaque plantation un modèle de performance opérationnelle et de responsabilité.
 
Quel message souhaitez-vous adresser à l’ensemble des collaborateurs ?
 
Je voudrais d’abord leur dire merci. Merci pour leur engagement, leur professionnalisme et leur confiance. Je voudrais ensuite leur dire que la réussite de Socapalm ne dépendra jamais uniquement de son directeur général.
La réussite de Socapalm 2.0 dépendra de notre capacité à avancer dans la même direction, avec un même état d’esprit. C’est ainsi que nous transformerons notre ambition en résultats durables.