France : Une réplique du trône de Bokassa 1er bientôt vendue aux enchères

Cette unique copie jamais réussie sera mise à prix le 26 mai prochain en même temps que le fameux scooter de François Hollande.


Par Cyril Essissima


 

Qui va s’adjuger la réplique du trône de Bokassa 1er ?

Le 26 mai 2024 au Château d’Artigny en France, l’unique réplique en taille réelle du trône de l’ex empereur (autoproclamé) de Centrafrique, Bokassa 1er, sera mise aux enchères, par la Maison Rouillac (Vendôme). Mise à prix : 10 000 Euros. Une attraction qui fera concurrence le même jour au célèbre scooter de l’ancien président français François Hollande.

Depuis la chute de l’homme d’Etat centrafricain en 1979, ce gigantesque trône (maudit pour certains) de plus de deux tonnes, n’avait jamais été aussi calqué à l’identique. L’auteur de l’œuvre, un artisan français, Remi Le Forestier, qui l’a sculptée dans de l’acajou massif et doré à la feuille. « Il (le trône) n’a pas été fabriqué pour légitimer et encore moins glorifier le régime de Bokassa, mais uniquement dans le cadre d’exposition », précise-t-il. En effet, cette réplique a été exposé à Paris au Palais Vivienne, chez le célèbre collectionneur Pierre-Jean Chalençon, mais également au Château des princes de Gondé (dans l’Aisne), à côté d’autres trônes mythiques tels que ceux de Napoléon, de Michael Jackson, de Ronaldo, ou encore le trône de fer de la célèbre série Game of thrones.

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Du trône impérial original, aujourd’hui parqué au palais omnisport de Bangui, il n’en reste que l’armature en ferraille rongée par la rouille. Il a dépouillé de son or et de ses diamants après la chute de l’empereur. Pour l’heure, les autorités centrafricaines ne sont pas officiellement prononcées sur l’événement et très peu de médias l’ont relayé. Chose qui pourrait facilement s’expliquer compte tenu des relations continuellement distendues entre Paris et Bangui ces dernières années, surtout depuis l’intervention du groupe paramilitaire russe Wagner en Centrafrique.

Petite histoire

Pour la petite histoire, Bokassa 1er, né en février 1921, a marqué l’histoire son pays pendant 13 ans. D’abord en tant que deuxième président de la République à partir de 1966, à la suite du coup d’Etat perpétré contre le président David Dacko. Avide de pouvoir et soutenu par la France, il s’autoproclame en 1976 « empereur de Centrafrique par la volonté du peuple centrafricain, uni au sein du parti politique national (le Mesan, ndlr) » (titre complet qu’il avait choisi). La cérémonie de son couronnement avec sa femme, l’impératrice Catherine, le 4 décembre 1977 à la cathédrale Notre-Dame de Bangui puis au palais de la Renaissance, est un événement inspiré du sacre de Napoléon 1er comme empereur des Français en 1804. Les caisses de l’Etat sont siphonnées pour des dépenses somptuaires estimées à plus de 20 millions de dollars à l’époque. Les réactions à travers le monde sont essentiellement négatives, sauf pour Valéry Giscard d’Estaing, le chef de l’Etat français d’alors, qui, ayant regardé le couronnement à la télévision, l’a qualifié de « beau ». Il avait même flatté le couple impérial, le complimentant comme « l’incarnation de la modestie et du charme ».

Malheureusement, ce règne sera de très courte durée. Le monarque mégalomane est renversé à son tour à la suite de deux expéditions militaires (opération Caban et opération Barracuda) en septembre 1979. David Dacko (déchu en 1965) reprend le pouvoir et le pays redevient une République. En juin 1987, Bokassa est reconnu coupable de trahison, meurtre et détournement de fonds. Sorti de prison en 1993, il décède le 3 novembre 1996 à l’âge de 75 ans.