Fonds climatiques : L’Afrique centrale veut améliorer son enveloppe

Le forum parlementaire sur la finance climatique, organisé par le Repar le 3 avril dernier à Yaoundé, a permis aux acteurs de refléchir sur les stratégies de négociations internationales.


Par Rebara Habra


La problématique de la repartition des fonds alloués pour le financement de la lutte contre le changement climatique a été l’objet de la tenue du forum parlementaire sur la finance climatique, le 3 avril dernier. Réunis à l’hémicycle de Verres de Paul Biya ( siège de l’Assemblée nationale), experts, parlementaires et des membres du gouvernement ont pris à tour de rôle la parole pour se prononcer sur le sujet. Au cours des discussions, il s’est agi que,  » les pays d’Afrique centrale s’isolent dans des stratégies des stratégies diplomatiques individuelles en lieu et place d’une stratégie communautaire dans les négociations politiques et financières du domaine du climat. D’où leur faible impact dans le processus décisionnel; le déficit d’expertise en ingénierie financière du domaine du climat « , a fait constater le Reseau des parlementaires pour la gestion durable des écosystèmes forestiers d’Afrique centrale (Repar), organisateur dudit évènement.

En dépit des atouts naturels que regorgent la sous région qui dispose d’un vaste potentiel forestier, il est curieux de relever que, de 2017 à 2023,  » le bassin du Congo n’a perçu que 40 000 000 de dollars, soit 4% seulement de ressources climatiques et environnementales contrairement à l’Amazonie et Bornéo Mékong qui ont bénéficié chacun de la somme d’un milliard de dollars au cours de la même période ». Plus grave, sur les 4% des fonds empochés par le bassin du Congo, 68% sont versés au titre de l’aide au developpement et 24% comme prêts. À date, il faut noter que le taux de deforestation est de plus de 20% en Amazonie et Bornéo Mékong, alors que le Bassin du Congo affiche 9%.

À travers ce forum de Yaoundé, il a été question de poser les bases d’une action, afin d’améliorer « les flux internationaux de financements climatiques et de la biodiversité en faveur des forêts du bassin du Congo. L’Afrique centrale est un puits de carbone. Qui dit puis de carbonne dit capacité de sequestration de carbonne. Malheureusement, tous ces élements n’ont pas encore été capitaliser et pris en compte sur la table des négociations par les États du Bassin du Congo », a indiqué Jonas Kemajou Syapze expert en question de finance climatique à Wwf.

Au lieu d’être un principal acteur du processus de négociations, l’Afrique centrale qui est un réservoir de la biodiversité,  » n’a fait que subir les négociations jusqu’à ce jour. Qui dit acteur principal voudrait qu’on vienne avec des propositions, un ensemble d’idées de base qui répondant à vos intérêts. Malheureusement, nous, les pays du bassin du Congo ne parvenons pas à faire de propositions », a ajouté l’expert. Toutefois, il est surprenant de constater que, l’Afrique centrale qui a un faible taux de deforestation ne parvient pas à répondre aux besoins alimentaires de sa population, alors que l’Amazonie qui est à 17% de taux de deforestation parvient à satisfaire sa population et même exporter le sur plus de sa production.