Femme rurale : Célébration sur fond de défis à Guidjiba 

la 31e édition de la Journée mondiale de la femme rurale a célébré le savoir-faire des productrices et mis en lumière leurs difficultés d’accès au financement, à la formation et aux marchés.

Rebara Habra

À Guidjiba, dans l’arrondissement de Tcholliré, département du Mayo-Rey, région du Nord, les femmes ont célébré, jeudi 15 octobre 2026, la 31e édition de la Journée mondiale de la femme rurale. La cérémonie, présidée par la ministre de la promotion de la Femme et de la Famille, Marie-Thérèse Abena Ondoa, a été marquée par la valorisation du savoir-faire local et la remise de dons aux bénéficiaires.

Sur les stands aménagés pour la circonstance, les femmes ont présenté la diversité de leurs productions. Une démonstration de leur capacité à contribuer à l’économie locale, mais aussi des efforts qui restent à fournir pour développer leurs activités. Pour Sadia Hamoa, présidente du Réseau des associations féminines du département de la Bénoué, la présence de la ministre et les dons remis constituent un motif de satisfaction. Elle y voit un appui aux femmes rurales dans l’accomplissement de leurs activités.

Mais derrière cette satisfaction, les difficultés persistent. L’accès au crédit demeure l’un des principaux obstacles auxquels ces femmes sont confrontées. À cela s’ajoutent le manque de formation, le besoin de renforcement des capacités et l’insuffisance de l’accompagnement technique. « L’accès au crédit ne suffit pas. Il faut un accompagnement », souligne Sadia Hamoa. Pour elle, les financements doivent permettre aux femmes d’améliorer leurs rendements et de développer durablement leurs activités.

La ministre de la promotion de la Femme et de la Famille a, pour sa part, salué le travail de l’administration et des collaborateurs ayant contribué à la mobilisation des participantes. Elle a également relevé la qualité des productions exposées et le potentiel des femmes rencontrées.

Pour la ministre, l’enjeu est désormais de dépasser le stade de la production pour investir dans la transformation et le conditionnement. L’objectif est de rendre les produits locaux accessibles sur des marchés plus larges, au-delà de Guidjiba et de Garoua, dans d’autres régions du pays et, éventuellement, à l’étranger. Une évolution qui nécessite la création de petites unités de transformation, un meilleur accompagnement des productrices et des financements adaptés.

À Guidjiba, cette 31e édition aura ainsi permis de mettre en évidence une double réalité : le potentiel des femmes rurales et les obstacles qui limitent encore leur contribution au développement. Le défi reste de transformer les soutiens ponctuels en accompagnement durable, afin que leur savoir-faire se traduise en revenus, en emplois et en autonomie économique.