Ils ont été mis à la disposition d’une vingtaine d’acteurs par la WRI et ses partenaires, pour booster leurs compétences et apporter une plus-value dans la chaîne de valeur de protection du bois pour une gouvernance forestière transparente.
Par Lazare kingue

C’est dans le chef-lieu du département de l’Océan à Kribi ( région du Sud) qu’une vingtaine d’acteurs de la chaîne de contrôle forestier ont planché, du 6 au 10 juillet 2026, sur les outils numériques de lutte contre l’exploitation illégale du bois. L’atelier, organisé par le World Resources Institute, (Wri), et ses partenaires, notamment Field Legality Advisor Group ( Flag) avec l’appui du Bureau International Narcotic and Law Enforcement Affairs (Us-Inl) du département d’État des États-Unis, visait à outiller les administrations impliquées dans la gouvernance forestière du bassin du Congo.
Pendant cinq jours, contrôleurs des douanes, magistrats, agents des eaux et forêts, observateurs indépendants des forêts et cadres du Ministère des Finances se sont familiarisés avec Global Forest Watch, Forest Watcher et l’Open Timber Portal. Des plateformes numériques qui permettent de prévenir, détecter et réprimer le bois illégal, du titre forestier jusqu’au port d’exportation.
Pour Mbouna Duclair, Coordonnateur national de Wri, l’enjeu est clair : « La forêt ne concerne pas seulement les forestiers. La Douane contrôle les produits bois en transit, les Finances collectent des impôts liés aux essences, la Justice tranche les litiges. Il faut une synergie ». Wri accompagne le Cameroun depuis 25 ans, notamment sur l’Atlas forestier qui cartographie et met à jour tous les titres pour rendre l’information accessible.
Côté Douanes, le besoin est concret. Zeh Elizabeth, Chef de la brigade commerciale des Douanes du parc à bois au Port de Douala, confie « À l’issue de cette session, nous pouvons dire que nous, douaniers, sommes venus avec peu de connaissances dans le domaine de la foresterie. Nous avions des zones d’ombre sur l’identification des essences et la documentation. Nous repartons avec des compétences renforcées et des plateformes de collaboration en temps réel avec les autres administrations qui interagissent avec nous dans la procédure de commercialisation du bois ».
Sur le terrain, les pressions restent fortes. Neba Kingsley, du Ministère des Forêts et de la Faune ( Minfof), rappelle que les essences les plus ciblées sont celles utilisées pour le bois d’œuvre et l’ameublement. Notamment le sapelli, acajou, iroko, dabema. « L’administration est sur le terrain pour les contrôles et les patrouilles. L’objectif est que tout le bois exploité passe par les voies légales », souligne-t-il.
Au-delà des contrôles physiques, Wwi mise sur la transparence. L’Open Timber Portal compile des données de l’administration, du privé et des observateurs indépendants pour orienter la conformité du commerce international. L’idée est de créer un réseau intersectoriel capable d’échanger l’information pour éclairer la décision publique. À terme, ces acquis doivent nourrir la réflexion en cours au Minfof sur un système de certification publique. Pour les organisateurs, l’atelier de Kribi marque une étape : faire dialoguer les maillons de la chaîne pour que le bois illégal ne trouve plus de faille. La bataille est celle de tous. Et elle passe désormais par le numérique.



