La cérémonie de présentation des bénéficiaires de Yaoundé s’est tenue le 17 juillet dernier à l’Institut français du Cameroun.
Par Ulrich Enyegue
Ils sont 48 au total, dont 31 femmes et 17 hommes. Ces jeunes accèdent à la troisième phase du « projet Mboa jeunes créatifs ». Lancé en 2025, ce programme d’employabilité destiné aux jeunes de Yaoundé et Douala arrive aujourd’hui à mi-parcours. Il est porté par Cameroun entreprises développement (Ced) et l’Institut européen de coopération et de développement (Iecd), avec l’appui du Fonds équipe France. Dès le mois d’août, les lauréats intègrent un nouveau dispositif. Au programme : un accompagnement individualisé à la structuration des projets, des sessions de mentorat avec des experts sectoriels, et le renforcement des compétences entrepreneuriales, le tout devant aboutir au financement et à la mise en œuvre de leurs entreprises.
L’objectif, selon Antoine Bitting, chef de projet au Ced, est « de permettre aux jeunes de structurer leurs initiatives, d’affiner leurs modèles économiques et de créer des entreprises viables, innovantes et durables ». Les projets retenus s’inscrivent dans quatre secteurs prioritaires : l’économie verte, le numérique, l’économie sociale et solidaire, ainsi que l’artisanat et les industries créatives. Ce nouveau cap couronne un processus particulièrement sélectif amorcé en janvier dernier.
L’appel à manifestation d’intérêt, diffusé en ligne et relayé par les mairies et associations partenaires, a généré 1 240 candidatures à Yaoundé et Douala. Un premier filtre a permis de retenir plus de 250 dossiers, avant d’intégrer 132 candidats dans une phase de sensibilisation. À Yaoundé, 67 jeunes ont suivi ce cycle initial. Encadrés pendant quatre semaines par Antoine Bitting et Emilia Synthia Tegel, coachs à Cameroun entreprises développement, ils ont travaillé à la consolidation de leurs idées de projets. L’épreuve de vérité s’est par la suite jouée devant un jury de dix experts, où 63 candidats ont défendu leurs modèles économiques. Le verdict a validé 48 lauréats, soit un taux de réussite de 76%. Ces résultats s’illustrent surtout par une forte représentativité féminine. Avec près de 65 % de femmes parmi les récipiendaires, Antoine Bitting constate avec fierté que « l’entrepreneuriat au Cameroun se féminise davantage ». Une tendance confortée par Augustine Louvel, cheffe du programme « Mboa jeunes créatifs », qui affirme que ces jeunes entrepreneures « font évidemment la réussite du Cameroun d’aujourd’hui et de demain ».
La phase des sélections définitivement close, le véritable défi commence maintenant pour ces 48 porteurs de projets : transformer leurs idées en véritables entreprises capables de créer de la richesse et des emplois sur le terrain.
Réactions
Marie Madeleine Bertille Manga, promotrice du restaurant Light and Fresh Lounge
Mon projet commence à impacter

Lorsque j’ai reçu l’annonce que mon projet a été retenu, je me suis dit : mon projet commence vraiment à parler. Mon projet commence à impacter. Mon projet peut enfin être amené à réaliser ce pourquoi il a été créé. Après avoir suivi les formations, j’ai pu affiner mon projet et retirer ce qui n’allait pas
Isaac Essomba, promoteur de Mr Afropolitan
Je peux mieux visualiser mon projet

C’est un réel plaisir pour moi. Je me sens un peu privilégié parce qu’au départ nous étions nombreux. Et savoir que je fais partie de ceux qui ont été retenus, est un énorme plaisir. Grâce à cette initiative, je peux aujourd’hui mieux organiser mes idées. Je peux mieux visualiser mon projet.
René Nguekeng, promoteur de Ets Pat construction services
J’ai déjà les éléments pour entreprendre

Ce programme m’a permis de comprendre les enjeux de l’entrepreneuriat. Je peux désormais mieux ficeler une idée de projet et la solidifier. Je sais déjà comment passer de la phase d’idée à la phase d’implémentation. J’ai déjà les éléments nécessaires pour mieux entreprendre.
Steve Jordan Nguili Oloko, promoteur de l’association Andiman
Je découvre mon projet

Depuis que j’ai été retenu, j’apprends beaucoup. Je découvre un peu plus mon projet. Je prends confiance en ce que je veux faire. Je sous-estimais beaucoup mon projet, mais avec ce programme j’ai compris qu’on peut gagner sa vie en fabricant des œuvres d’art avec les déchets plastiques.



