Drame de Mbankolo : À quand le recasement des sinistrés?

Le souhait de relogement des victimes a été réitéré le 7 décembre dernier à la délégation du Réseau Inclu et d’autres associations, venues remettre des dons. L’attente dure depuis deux mois alors qu’elles sont toujours prises en charge à la maison du parti de Nkomkana, depuis la survenue de la catastrophe.


Echange entre les donateurs et le responsable de la maison du parti de Nkomkana

Par Martin Ndong


« Le souci majeur de ces sinistrés, c’est le recasement. Cela fait deux mois qu’ils sont couchés là. Et depuis lors, ils attendent que l’Etat fasse quelque chose pour eux. La mairie (de Yaoundé 2e, Ndlr), sous le contrôle de monsieur le maire a tellement mis du paquet pour recevoir ces sinistrés ; du petit-déjeuner au repas du soir…  Vous voyez, c’est coûteux. Et nous souhaitons que l’Etat fasse quelque chose pour ces sinistrés ». Ces propos du directeur de la maison du parti Rdpc du quartier Nkomkana, dans le 2e arrondissement de Yaoundé, illustre bien l’inquiétude des victimes de la catastrophe de Mbankolo qui y sont installées depuis le mois d’octobre dernier. Mais surtout quant aux promesses faites par le gouvernement camerounais, s’agissant de leur relogement. En effet à la veille du 8 décembre 2023, date marquant le deuxième mois après la survenue de cette fâcheuse catastrophe, les victimes ont reçu la visite de donateurs, venus leur apporter du soutien et du réconfort. Il s’agit du Réseau Inclu et autres associations citoyennes à l’instar de Medcamer, Unipsy et Yoheda. Des vêtements, des denrées alimentaires et accessoires d’hygiène sont, entre autres, paquets qui constituent le don remis pour la soixantaine de familles encore présentes dans cette bâtisse d’environ 200m2, dédiée aux assises des membres de la section du Mfoundi 2 du parti du flambeau ardent.

Scolarité

« Le souci majeur de ces sinistrés, c’est le recasement. Cela fait deux mois qu’ils sont couchés là. Et depuis lors, ils attendent que l’Etat fasse quelque chose pour eux. La mairie (de Yaoundé 2e, Ndlr), sous le contrôle de monsieur le maire a tellement mis du paquet pour recevoir ces sinistrés ; du petit-déjeuner au repas du soir…  Vous voyez, c’est coûteux. Et nous souhaitons que l’Etat fasse quelque chose pour ces sinistrés ». Ces propos du directeur de la maison du parti Rdpc du quartier Nkomkana, dans le 2e arrondissement de Yaoundé, illustre bien l’inquiétude des victimes de la catastrophe de Mbankolo qui y sont installées depuis le mois d’octobre dernier. Mais surtout quant aux promesses faites par le gouvernement camerounais, s’agissant de leur relogement. En effet à la veille du 8 décembre 2023, date marquant le deuxième mois après la survenue de cette fâcheuse catastrophe, les victimes ont reçu la visite de donateurs, venus leur apporter du soutien et du réconfort. Il s’agit du Réseau Inclu et autres associations citoyennes à l’instar de Medcamer, Unipsy et Yoheda. Des vêtements, des denrées alimentaires et accessoires d’hygiène sont, entre autres, paquets qui constituent le don remis pour la soixantaine de familles encore présentes dans cette bâtisse d’environ 200m2, dédiée aux assises des membres de la section du Mfoundi 2 du parti du flambeau ardent.

Ce 7 décembre 2023, ils sont une dizaine sur place, couchés pour certains sur des matelas de fortune. D’aucuns regardent la télévision, tandis que d’autres discutent ou font une sieste. A l’extérieur, deux enfants dont un petit garçon et une fille tentent de s’épanouir dans la cour -bondée de véhicules- sous le regard bienveillant d’une petite adolescente. De temps à autre, celle-ci observe avec convoitise à travers une brèche dans un mur, des élèves d’une école de la place faire des activités physiques et sportives. Si elle est là à surveiller ses cadets, c’est parce qu’elle a malheureusement été renvoyée de l’école, faute de paiement des frais de scolarité. « C’est dommage parce que sa famille a tout perdu dans la catastrophe et en ce moment, il leur est difficile de mobiliser de l’argent pour pouvoir s’acquitter des frais de scolarité. Je voudrais profiter pour interpeller le gouvernement, les autres associations et les âmes de bonne volonté à faire le geste le plus urgent pour que non seulement cette petite adolescente puisse reprendre le chemin de l’école, mais que les autres rescapés de cette catastrophe puissent vivre dignement », souhaite le président du Réseau Inclu, Guy Martial Tchinda.

Attente

En recevant ce don du Réseau Inclu et de ses partenaires, le directeur de la maison du parti Rdpc de Nkomkana n’a pas manqué d’exprimer sa gratitude aux donateurs. Mais pour lui, l’idéal serait que cet élan de générosité ne soit plus matériel, mais plutôt financier. Le but étant de constituer une enveloppe considérable permettant de s’offrir un site où ces derniers se sentiraient plus à l’aise, même si ce n’est que dans des habitations de 100 ou 150m2. Paulin Yankam, par ailleurs conseiller municipal à la mairie de Yaoundé 2, nous renseigne que de tels dons, les rescapés en disposent en abondance. « Les magasins juste à côté sont pleins. Si nous partageons ces sacs de riz, chaque famille peut facilement en avoir plus de six. Ce n’est pas ce qui est dans leur esprit. Ce qui est dans leur esprit, c’est trouver un recasement », confie-t-il.

Yannick Ayissi

Depuis le mois d’octobre dernier, les rescapés de la catastrophe de Mbankolo sont sous la responsabilité de Yannick Martial Ayissi Eloundou, maire de l’arrondissement de Yaoundé 2e. Ces derniers ont droit à deux repas par jour : le petit-déjeuner et le dîner, aux frais du magistrat municipal. Au-delà de cet élan de cœur, Yannick Martial Ayissi Eloundou a aussi entamé une procédure de recensement des sinistrés pour que chaque famille puisse être logée et assistée durant les six premiers mois. Laquelle procédure est lancée depuis le 8 novembre dernier avec accord du gouvernement.

Environnement

Ce lieu devenu un camp d’hébergement provisoire à les allures d’un site en ruine. Des véhicules, en état et en panne (pour certains), occupent une bonne partie de la cour. A l’intérieur de la salle, c’est plus d’une trentaine de matelas qui sont disposés à même le sol, sur des palettes en bois ou adossés contre le mur. Pas moyen d’avoir droit à une moustiquaire imprégnée, compte tenu de la configuration de l’espace. Deux ventilateurs sur cinq fixés sur le plafond en béton permettent, tant bien que mal, de rafraîchir l’atmosphère… Des conditions difficiles à vivre, qui nécessite sans cesse un accompagnement psychologique.