Drabo Batouri M’balafia  : La plasticienne illustrée dans l’antre de l’armée 

Poussée par un courage de soldate, la Burkinabé était sous les feux de la rampe le 21 juin dernier, lors du vernissage de ses œuvres créées dans le quartier de l’Etat-major de la 2e région militaire de Bobodioulasso.

Par Alain Ndanga


Touchée par la grâce, la Burkinabé, Drabo Batouri M’balafia vient de réaliser l’une des plus importantes créations plastiques de sa carrière d’artiste. Sous le thème « unité, paix et résilience : le Burkina Faso en marche », la jeune loup aux dents longues s’est illustrée par deux fresques sur les murs de l’Etat-major de la 2e région militaire de Bobodioulasso.

 
De dimension 2 mètres sur 2 ; et de technique acrylique sur mur ; l’une des œuvres se situe à l’intersection du réalisme et de l’abstraction.  Mais c’est aussi le discours objectif qui les accompagne. L’une met en lumière la carte du Burkina Faso, au sein de laquelle des bras entrelacés symbolisent l’union et la solidarité. Ensemble, ils portent une colombe vers le ciel, incarnation de la paix recherchée par le peuple burkinabè. En son centre, un cercle aux couleurs nationales est protégé par ces bras, traduisant la force morale et la détermination du peuple à défendre ses valeurs face aux défis socio-économiques actuels.


L’autre, acrylique sur toile, présente une carte bordée des couleurs de l’armée nationale, en hommage aux forces de défense et de sécurité engagées quotidiennement pour préserver l’intégrité du territoire. Au-delà de tout, l’artiste expérimente à travers ses imaginaires, la résilience du peuple burkinabè, uni et combatif face aux dures épreuves du terrorisme dont il fait face et surtout de son histoire récente marquée par des crises.

Sur le plan visuel, la toile représente les éléments de la culture et de l’armée : le cauri (l’une des anciennes monnaies africaines), représente l’économie du pays mais aussi la solidarité entre les artistes pour soutenir les soldats au combat ; le baobab représente la sagesse ; les instruments de musique à savoir la kora, le djembé et autres représentent la vitalité créatrice des musiciens ; le masque africain et la sculpture représentent l’art plastique. Ces créations ont eu un écho très positif aussi bien du public que des élites de cette unité de l’armée burkinabé.

Artiste autodidacte, Drabo Batouri M’Balafia découvre la peinture à l’âge de 20 ans. Elle fait partie du courant d’artistes dits contemporains du fait de ses imaginaires et esthétiques qui s’expriment à travers une liberté aussi bien dans les sujets qu’elle aborde que de la technique mixte qui fonde la particularité de son univers créatif. Ses œuvres expriment ses émotions, sa manière de voir la société ; mais surtout tiennent compte des couleurs et des reliefs fruit de son imagination. Sa formation se fait à travers des rencontres et des masters class qu’elle suit avec assiduité. Le public qui la découvre au même moment qu’elle se dévoile est juste frappé par sa simplicité et son approche artistique qui se bonifie avec le temps.
Photo Drabo Batouri