Douala : La météo s’affole

Douala, une inondation

Les prévisions établies par la direction de la météorologie nationale annoncent une très abondante pluviométrie pendant les mois d’août et de septembre.

Par Blaise Djouokep

De fortes pluies sont attendues sur la ville de Douala et ses environs durant le mois d’août 2026. Le communiqué signé par le maire de la ville de Douala, le 20 juillet dernier, rappelle à cet effet que « selon les prévisions de l’Observatoire national sur les changements climatiques (Oncc), la période de juin à août 2026, correspondant à la grande saison des pluies, sera marquée par une forte activité pluviométrique à Douala et ses environs ». Selon l’expert climat, prévisionniste, par ailleurs chef du service de la climatologie et de la banque des données à la direction de la météorologie nationale, Emmanuel Bongkiyung, le communiqué du maire de la ville de Douala fait suite à l’atelier de prévision saisonnière organisé à Kribi du 20 au 24 avril 2026 par la direction de la météorologie nationale et ses partenaires que sont la commission de l’Union africaine, le Centre africain pour l’application de
la météorologie et le développement (Acmad), le Centre d’application des prévisions climatiques de l’Afrique centrale. L’atelier était organisé dans le cadre du 5e forum national sur les perspectives climatiques, sous l’égide du projet Climsat, dont le Cameroun est pays pilote dans la sous-région Afrique centrale.

Concernant les prévisions météorologiques de la ville de Douala, l’expert note que les prévisions établies indiquaient clairement que la courbe de la pluviométrie, en général, et de Douala, en particulier, devait connaître des précipitations supérieures à la normale durant cette période, avec des cumuls saisonniers qui devaient être entre 110% et 125% de la normale. Et,
de manière plus précise, il fait observer que « le mois de juin a déjà enregistré 250,8 mm de précipitations et les premiers 20 jours du mois de juillet ont déjà eu 209 mm de précipitations ». Emmanuel Bongkiyung ajoute, en outre, qu’à Douala, entre les mois de juin et septembre, les précipitations sont normalement de 384,2 mm pour le mois de juin, 619,6 mm pour le mois de juillet, 702,7 mm pour le mois d’août et 548,8 mm pour le mois de septembre.

Abondance de pluie


Et donc, « tenant compte de ce que ce qui est prévu doit être entre 110 et 125% de la normale, on attend entre 773 et 878,4 mm de précipitations pour le mois d’août et entre 603,7 mm et 686 mm de précipitations pour le mois de septembre », précise le chef du service de la climatologie et de la banque des données à la direction de la météorologie nationale. De quoi inquiéter les habitants de la capitale économique. Les précipitations attendues étant bien plus importantes que celles des années précédentes. Tenez. En 2024, le mois d’août avait enregistré 666,7 mm de précipitations, et en 2025, 458,4 mm de précipitations durant le même mois. En septembre 2024, Douala avait enregistré 357,3 mm de précipitations, et en septembre 2025, 530,6 mm de précipitations. Et pour ce mois de septembre 2026, les précipitations attendues devront osciller entre 603,7 mm et 686 mm.

Réchauffement
Cette abondante pluviométrie aux mois d’août et septembre peut être justifiée par le réchauffement de la surface de la mer dans le Golfe de Guinée, laquelle entraîne une forte évaporation, et par conséquent une humidité relative élevée qui est ramenée à l’intérieur du continent par le vent dominant de la mousson du Sud-Ouest, responsable de cette abondante
pluviométrie explique l’expert climat, qui appelle les populations à prendre des précautions. Et elles sont multiples. Pour limiter les impacts néfastes de cette forte pluviométrie, la population doit s’abriter dans des espaces sécurisés ; éviter de rester à proximité des lignes de haute tension ; éviter les regroupements en plein air et les arbres susceptibles de recevoir les coups de foudre ; débrancher les appareils électroménagers durant les pluies orageuses ; consulter régulièrement les informations météorologiques et climatiques émises par la direction de la météorologie nationale. Sur les mesures prises pour éviter les inondations que pourrait causer cette forte pluviométrie, la Communauté urbaine de Douala, contactée, n’a pas donné de suite.