Distinction : Achille Mbembe sur les cimes de la recherche

Le chercheur camerounais, spécialiste de l’histoire politique africaine, recevra le 6 juin prochain le Prix Holberg, l’équivalent du Prix Nobel en sciences sociales.


Par Cyril Essissima



Grâce à ses travaux sur l’idée de « négritude » et sur l’égalité inconditionnelle entre les individus, l’intellectuel camerounais Achille Mbembe va bientôt être auréolé du Prix Holberg, rapporte l’Afp. La récompense lui sera remise le 6 juin 2024.

 

Institué par le Parlement norvégien en 2003, le Prix Holberg représente en lettres, sciences humaines, sciences sociales, sciences juridiques, la plus haute distinction qui n’a d’équivalent que le Prix Nobel. Pour se voir décerner ce prix international, il faut avoir influencé le monde de la recherche de manière significative.

Spécialiste de l’histoire politique africaine, le postcolonialisme et la philosophie politique, Achille Mbembe a dans sa besace de nombreux autres distinctions parmi lesquelles le Prix Albertus-Magnus (2019), le Prix Ernst-Bloch (2018), le Prix Gerda-Henkel (2018), le Prix Frère et Sœur Scholl (2015), Membre de l’Académie des sciences de l’Afrique du Sud…

Son rayonnement international est surtout dû à ses travaux sur les rapports entre la décolonisation et les questions de racisme. L’idée de « négritude » est conçue chez lui comme un instrument du capitalisme. Loin de s’arc-bouter sur sa discipline de prédilection, cet adepte de la pensée critique a également écrit sur la pandémie, la crise climatique et de l’intelligence artificielle, etc.

Professeur à l’Institut de recherche sociale et économique de l’Université de Witwatersrand en Afrique du Sud, Achille Mbembe a cessé d’être encarté comme un simple chercheur africain pour graver sa notoriété sur la scène mondiale. En février 2021, le Camerounais a été désigné par le président Emmanuel Macron pour coordonner la réflexion sur « les nouvelles relations Afrique-France » dont le point de départ était le sommet du 8 octobre 2021 à Montpellier.

Il jouit d’une production intellectuelle féconde avec de nombreux ouvrages scientifiques traduits dans plusieurs langues. On peut citer entre autres, De la postcolonie, Essai sur l’imagination politique (2000) ; Sortir de la grande nuit, publié en 2010 ; Critique de la raison nègre (2013) ; Politiques de l’inimitié (2016), Brutalisme (2020) ; Pour un monde commun (2022) ; La communauté terrestre (2023) …