Ces enfants, adolescents, et jeunes adultes ont reçu des enseignements sur différents aspects de la culture et de la tradition Sawa.
Blaise Djouokep

Des enfants exécutant des notes de musique lors de la clôture.
Plusieurs activités ont meublé la clôture de la 12e édition des « Matanga ma Boso » (Premiers pas) au foyer Kate à Douala. Outre l’exécution de l’hymne national en langue duala par des enfants âgés de 3 à 5 ans, parents et encadreurs ont également eu droit à plusieurs autres démonstrations : des poèmes sur l’importance du feu, de l’eau et de la nature dans la tradition, des poèmes en langue duala, l’exécution d’une musique composée par des enfants âgés à peine de 10 ans à travers la lecture de notes de musique et de solfège… Au total, quatre pôles d’activités. Du chant vocal aux sons des instruments traditionnels africains, en passant par les arts graphiques et l’enseignement initiatique, les apprenants ont été édifiés sur les réalités de la vie quotidienne du terroir. « Le Kate, c’est l’école traditionnelle d’apprentissage de la tradition. Avec l’impact de la vie moderne sur les jeunes, il est important pour eux d’être armés spirituellement. Et c’est le rôle de la tradition de préparer la jeunesse à bien affronter la vie. Au Kate, on apprend l’être humain, la nature et tout ce qui s’y trouve », explique Christian Njanga, cadre du Kate.
La formation des enfants a duré deux mois. Pour cette 12e édition, 80 enfants ont acquis des connaissances culturelles et traditionnelles. « La plupart de ce que nous apprenons à l’école moderne, nous l’avons également dans la tradition, et c’est ce que nous apprenons aux enfants », note Augustine Moukodi, communicatrice du Kate. La particularité de cette 12e édition est l’apprentissage du solfège et de la peinture. « Le solfège, parce que dans nos événements traditionnels, il y a des joueurs de tam-tam, et il y a un solfège rythmique. C’est important que les enfants commencent à créer des musiques, à lire des partitions de musique traditionnelle », note Idriss Ndjanda, professeur de musique au Kate.
Le Kate réunit toutes les langues Sawa et les langues non -Sawa, les enfants issus de père ou de mère Sawa. « Le Kate est un flambeau composé de bambous de dimensions différentes, secs ou frais, attachés ensemble. Ces bambous représentent chacun de nous. Ils nous interpellent sur comment nous devons faire pour vivre ensemble, dans l’unité, malgré nos différences », renseigne Augustine Moukodi. L’association créée il y a 12 ans rassemble les Sawa et les autres enfants du Cameroun.



