Crescence Merline Béguel : Des adieux à Eseka, des questions à Yaoundé

Inhumée le 17 octobre 2026 à Eseka, ses proches attendent toujours les conclusions de l’enquête ouverte par la gendarmerie.

Rebara Habra

Où en est on avec l’enquête ?

À Eseka, les mots peinent à traduire la douleur. Devant la dépouille de Crescence Merline Béguel, les témoignages se succèdent, entre sanglots, souvenirs et incompréhension. Un mois après sa mort brutale à Yaoundé, ses proches tentent de lui dire adieu. Mais derrière le recueillement, une question demeure : que s’est-il passé à l’hôtel Salvador VIP ? Le vendredi 16 octobre 2026, la dépouille quitte l’Hôpital central de Yaoundé à 11h, direction Eseka, dans le département du Nyong-et-Kellé. À 14h, elle est installée à l’église catholique Christ ressuscité d’Eseka 2, avant de rejoindre la maison familiale à 16h. Une messe est célébrée à 19 heures, suivie d’une grande veillée qui se prolonge jusqu’à l’aube.

Dans le quartier, l’émotion est palpable. Le chef du quartier prend la parole, mais peine à trouver les mots. « Nous sommes vraiment dans la douleur. C’est dur. Vraiment, même les mots nous manquent », lâche-t-il. Pour lui, cette disparition dépasse le cercle familial. Elle touche toute la communauté. Il salue au passage l’engagement de la responsable du bloc A, qui s’est mobilisée pour accompagner la famille dans cette épreuve. Au sein de la fratrie, Crescence occupait une place à part. Aînée d’une famille de neuf enfants, six filles et trois garçons, elle était devenue un point de repère depuis la mort de leur mère, il y a près de quatre ans. Sa petite sœur se souvient d’une femme qui avait pris les choses en main, avec une autorité que personne ne contestait vraiment.« Nous tous, on l’appelait “Commandement opérationnel”. Donc, quand elle dit que c’est comme ça que ça va se passer, nous tous, on s’aligne », raconte-t-elle.

Née à Ikoma, non loin de Makak, Crescence avait poursuivi ses études avant d’obtenir une licence en hôtellerie. Enseignante en hôtellerie-restauration et dans le domaine du vin, elle avait travaillé dans plusieurs établissements à Douala, Yaoundé et Bamenda. Ses anciens élèves et collègues ont également témoigné de la place qu’elle occupait dans leur vie. La mort de cette enseignante, retrouvée assassinée à l’hôtel Salvador VIP, à Yaoundé, reste entourée de questions. Un mois après les faits, l’enquête ouverte par la compagnie de gendarmerie de Yaoundé III n’a pas encore livré ses conclusions.