Coup de foudre à Mvog Ada♥️

Il y avait quoi avant? Des délices d’initiés! Les archives, des plumes d’hier m’ont rendu dingue.J’ai rencontré des mots palpitants et des émotions rares. Comme ce qu’on ressent quand on revoit un ex qui nous a tout donné, tout appris.

Au commencement était l’écrit. N’est-ce pas! Comme nos émotions s’envolent et celles des écrits restent, j’essaie donc d’écrire…pour décrire ce que j’ai ressenti; avant de conclure que la presse écrite reste une amante éternelle…
Dans la salle de rédaction de Mutations, j’ai cédé au charme des plumes doyennes. Derrière sa porte, il y a ce sanctuaire : des milliards de mots, empilés, intacts. Les archives.
Une fois dedans, les pages sont à couper le souffle. Là, les mots dorment mais ne vieillissent pas. Ils meurent pas. Ils attendent les descendants des aînés, le bébés-journalistes, les chercheurs et amis de l’actualité. Ils sont là vibrant d’histoires, de punchlines qui claquent.

Le DP Georges Alain Boyomo, gardien du temple , m’a ouvert le coffre fort des mots qui font l’histoire du journal. Ils viennent d’une époque épique. A part! Les feuilles jaunies, mémoire d’or, m’ont parlé. Mais à côté, coup d’œil sur la une du 08 mars: « Accès à la terre, les femmes gagnent du terrain » . Elle est belle comme un cri de victoire. On est en 2025! Mutations maintient le cap. L’art de titrer est son territoire d’excellence. Mon esprit s’amuse à dire que « Les Mutants » ont le titre foncier en la matière. Incollables. Le journal peut jubiler d’avoir dans son histoire les mots et l’empreinte des noms que mes yeux « lisent »: voici Chetah Bile, voici Evelyne Mengue A Koung, voici Marion Obam. Sacré début du millénaire! Il a dû être beau avec ces génies qui manient le stylo avec style. Ils ont fait plaisir aux lecteurs.

Autre page: je savoure dans la lettre d’Haman Mana, ses « richesses maudites ». Et puis il y a ce chef-d’œuvre d’Alain Blaise Batongue : « L’alimentation politique >>> à défaut d’assurer à manger à tous, on peut gober les discours à satiété ». Aujourd’hui comme hier on parle d’insuffisance alimentaire. Et l’histoire continue…Regardez la légende de la photo « vendeuses de plantain, vivres et laisser mourir ». La vie des mots de nos aînés a été et reste un combat.
Ici, dans cette armoire d’archives, c’est aussi une lutte d’idées. Être libre, incisif, dérangeant parfois. Éclairer l’opinion. Venir en paix, mais titrer! Titrer c’est frapper. Écrire, c’est s’engager. Protais Ayangma peut être fier de cet héritage : une presse de caractère, une écriture de conviction.
« C’est ça l’esprit Mutations! Reviens quand tu veux, ici c’est chez toi », me dit Oncle DP GAB. Ça, c’est une clé, un héritage. La pluie qui me retenait vient de s’achever. Je dois retourner à la Maison de la radio traiter notre interview. Ce coin de moins deux mètres carrés est plus vaste qu’une cour d’histoires. J’y reviendrai, en pèlerinage, pour embrasser les empreintes des géants. Leur espèce disparaît, mais leur esprit demeure. Mutations reste Mutations : mordant, aiguisé. Vive le papier. Vive les mots qui claquent. Vive ce temple du style, où l’écriture est un acte de résistance face à l’oubli. Au fond rien n’a changé. Mais tout est différent ( les jeunes ne cherchent plus ceux qui ont vécu). Me reste à promettre un verre de « noumpé » à Georges Alain Boyomo dans un coin du monde ou la palme des saveurs de valeur revient au Matango! Donne-moi le réseau !