Conseil constitutionnel : Ambiance de prestation de serment des grands juges

Leur passage devant les deux chambres du Parlement, réunies en congrès le 2 avril 2024, marque le début de leur mandat.


Les membres du Conseil constitutionnel et le Pan, à l’issue du congrès.

Par Cyril Essissima


Ce n’est pas tous les jours que le palais des Congrès de Yaoundé porte aussi fièrement son nom. Le 2 avril 2024, les deux chambres du Parlement se sont réunies en congrès, à l’effet de recevoir le serment des membres du Conseil constitutionnel, nommés le 18 janvier dernier. C’est la 3ème fois de l’histoire que le Parlement camerounais tient son congrès. Un événement si rare qu’il ne fallait pas le rater. Logique donc que la salle tripartite du palais des Congrès fasse son plein d’œuf, avec des invités revêtus de leurs plus beaux apparats.

L’exécution du rituel de prestation de serment a donné lieu à l’appel des 11 juges constitutionnels. Tous nommés par décret présidentiel pour un mandat de six ans, il s’agit pour les uns d’un renouvellement de mandat. Tandis que les autres marquent leur entrée pour la première fois au sein de cette haute instance juridictionnelle. En l’occurrence, Adolphe Minkoa She et Aaron Logmo Mbelek. Ces deux nouveaux remplacent respectivement Joseph Owona, décédé le 06 janvier 2024, et Joseph Marie Bipoun-Woum, mort lui aussi le 28 juin 2023.

La main gauche posée sur la Constitution et la main droite levée et dégantée devant le drapeau national, ils sont montés au pupitre chacun à tour de rôle, à commencer par le président du Conseil constitutionnel, Clément Atangana, pour prononcer la formule consacrée : « Je jure de bien et fidèlement remplir mes fonctions, de les exercer en toute impartialité dans le respect de la Constitution, de garder le secret des délibérations et des votes, de ne donner aucune consultation sur les question relevant de la compétence du Conseil. »

Mauvaise publicité

Sur 11 prestations de serment attendues, seulement 10 ont été exécutées ou entendues. La juge constitutionnelle Arrey Florence Rita n’a pas été aperçue. Néanmoins, le passage de Aaron Logmo Mbelek a particulièrement été apprécié par le public. La vigueur et la clarté de ses paroles étaient révélatrices d’une certaine fougue qui lui a valu des acclamations à tout rompre. Contrairement à certains de ses collègues aux voix presque poussives, titubantes et parfois inaudibles. Une mauvaise publicité de nos institutions que des représentants des missions diplomatiques accréditées au Cameroun ont pris soin d’immortaliser en temps réel avec leurs téléphones. Non sans parler de l’arrivée et de l’installation pénibles du président du Sénat. Lui qui n’a même pas pu se lever pour observer la minute de silence exigée par le président de l’Assemblée nationale (Pan) en mémoire de trois anciens membres disparus du Conseil constitutionnel.
Comme le veut la Constitution, c’est le Pan, Cavaye Yeguié Djibril, qui a présidé le congrès. Il était accompagné pour l’occasion par son homologue du Sénat, Marcel Niat Njifenji, et du secrétaire général (Sg) de l’Assemblée, André Noel Essian, qui de facto, était le Sg du congrès du Parlement. Face à eux, députés et sénateurs pour renforcer ce bicaméralisme de proximité et surtout la solennité de cette cérémonie spéciale.

Présidentielle

Aux anciens comme aux nouveaux, le maître de céans a tenu à rappeler l’importance de leurs fonctions. « Vous êtes désormais investis de la très haute confiance du président de la République et partant, du peuple camerounais tout entier », a déclaré Cavaye Yeguié Djibril. Le Pan souligne les différentes échéances électorales à venir. « Qu’il s’agisse de se prononcer sur la constitutionnalité des lois, des accords et traités internationaux, des règlements intérieurs du Parlement, ou encore d’arbitrer des conflits d’attribution, votre action est immense. Déjà pointent à l’horizon, les élections présidentielle et parlementaires, en attendant une éventuelle consultation référendaire. (…) C’est vous qui veillerez à la régularité des opérations », insiste-t-il.

Lire aussi : Pourquoi Arrey Florence Rita n’a pas prêté serment