Par Cyril Essissima
13 jours se sont exactement écoulés depuis le décès le 06 janvier 2024 à Bordeaux en France, de Joseph Owona pour qu’il soit remplacé au Conseil constitutionnel. A cet effet, le président de la République a usé de son pouvoir discrétionnaire pour désigner un autre juriste chevronné en la personne de Adolphe Minkoa She. Jusque-là recteur de l’Université de Yaoundé 2, ce dernier a été nommé membre de cette haute juridiction au même titre que Logmo Mbelek Aaron qui lui aussi comble la vacance due à la mort le 28 juin 2023 à Istanbul en Turquie, de Joseph Marie Bipoun-Woum.
Né en 1955, Adolphe Minkoa She est agrégé des facultés de droit (concours français 1991). Il a occupé plusieurs postes de responsabilité, notamment doyen de la faculté de sciences juridiques et politiques de l’Université de Yaoundé II (1993-1998). Pendant près de 18 ans, il exerce les fonctions de vice-recteur dans les universités de Douala et de Yaoundé II-Soa. Ce juriste pénaliste camerounais est bien connu pour son implication dans le Comité national des droits de l’homme, les sociétés de droits d’auteur, la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), etc. Le 27 juin 2017 lorsqu’il succède à Ibrahim Adamou à la tête de l’Université de Yaoundé II, Minkoa She a comme défis immédiats l’organisation du prochain concours d’agrégation des sciences juridiques, politiques, économiques, et de gestion du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (Cames) d’une part, et sur le plan académique, la professionnalisation, le développement de la recherche, d’autre part.
En tant que chercheur, sa thèse soutenue à l’Université Robert Schuman (Strasbourg 3) en 1987 sous la forme d’un ‘‘Essai sur l’évolution de la politique criminelle au Cameroun depuis l’indépendance’’. Travail réédité à Lille en 1988. Il compte plusieurs ouvrages dans sa bibliographie. Entre autres, et ‘‘Droit de l’Homme et Droit Pénal au Cameroun’’ ; ‘‘Droits de l’homme et droit pénal au Cameroun’’ (1999) ; ‘‘Droit des suretés et des garanties du crédit dans l’espace OHADA’’ (tomes 1 & 2) en 2010 ; ‘‘ Le consommateur des technologies de l’information et de la communication en Afrique noire francophone’’ (2021) …
Universitaire capé

Avant d’être coopté au comme membre du Conseil constitutionnel, Logmo Mbelek Aaron, lui aussi universitaire capé, était le directeur de la recherche et de la coopération universitaire au ministère de l’Enseignement supérieur. Cette direction est chargée, entre autres, de l’élaboration du plan directeur de la recherche universitaire ; de l’élaboration et de la mise en œuvre des stratégies de coopération dans le domaine ; de l’élaboration et du suivi de la mise en application des textes relatifs à la promotion des activités génératrices de revenus en milieu universitaire et de la valorisation des actifs de la recherche universitaire ; de l’initiation des projets de protocole d’accord et conventions de coopération en matière de recherches universitaires ; du suivi de la mise en œuvre de la politique de financement, de la modernisation de la recherche universitaire par l’Etat ; de l’élaboration et la mise en œuvre du projet fichier national des thèses et des mémoires ; de la collecte, de la centralisation et de la diffusion de l’information relative aux activités de recherche dans l’enseignement supérieur ; de la promotion de la recherche dans les institutions universitaires, les Instituts Privés d’Enseignement Supérieur et les établissements à caractère particulier…
Le 29 mai 2019, Logmo Mbelek Aaron s’est vu décerner le grade d’Officier au sein l’Ordre international des Palmes académiques du Cames. Au nombre de ses travaux, figure ‘‘La souveraineté fiscale des États africains au Sud du Sahara (face aux enjeux du développement) : l’exemple du Cameroun’’ (2011).
Avant de procéder à ce remplacement numérique, le chef de l’Etat Paul Biya a pris soin de renouveler pour une période de six ans, le mandat des neuf autres juges constitutionnels dont le président du Conseil, Clément Atangana en poste depuis le 7 février 2018.



