Prévue du 26 au 28 septembre, cette initiative de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme permettra de formuler des solutions concrètes pour renforcer le vivre-ensemble.
Par Cyril Essissima
Comment prévenir les conflits intercommunautaires au Cameroun ? C’est à cette question principale que va tenter d’apporter des réponses Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme (Cnpbm) au cours d’un colloque au palais des Congrès de Yaoundé, du 26 au 28 septembre prochain. Thème du colloque : « conflits intercommunautaires et promotion du vivre ensemble ».
De manière concrète, cette grande palabre vise à sensibiliser la communauté nationale sur la gravité des conflits intercommunautaires qui, non maîtrisés voire éradiqués, sont de nature à remettre en cause la paix, l’unité nationale et la cohésion sociale au Cameroun. Par ailleurs, il est attendu à l’issue de ce colloque des recommandations allant dans le sens de la prévention, de la gestion et de l’éradication de ces affrontements très souvent violents.
Dans la pratique, ce colloque va réunir des experts en gestion des conflits, des universitaires, des représentants des organisations internationales basées au Cameroun, des ministères en charge de la gestion des conflits intercommunautaires, des autorités traditionnelles et des organisations de la société civile, etc.
Outre la formulation des recommandations, les travaux permettront, entre autres, d’identifier les causes de ces conflits et d’en dresser un état des lieux national et à tous les niveaux de la vie locale (régional, départemental et éventuellement par arrondissement) ; de dresser la cartographie des circonscriptions administratives dans lesquelles les conflits intercommunautaires sont récurrents et celles qui le seront en raison des déplacements internes des populations ; de formuler, à l’intention des autorités ; un plan d’actions global et un plan d’actions prioritaires.
Ce colloque fait écho à la résurgence des heurts intercommunautaires enregistrés ces dernières années dans certaines régions du pays, avec leurs corollaires de perte en vies humaines, de destruction des biens, de déplacement des populations, etc. « Il en est ainsi à titre d’illustration, des violents affrontements intercommunautaires survenus en août 2021 entre les éleveurs arabes choa et les pêcheurs et agriculteurs mousgoum, dans l’arrondissement de Logone Birni, région de l’Extrême-Nord », justifie le président de la commission, Peter Mafany Musonge. Affrontements qui ont causé « la mort de 32 personnes et fait 74 blessés ; l’incendie de 19 villages ; le déplacement de 7 300 personnes à l’intérieur des frontières camerounaises et le déplacement de 11 000 personnes vers le Tchad », ajoute le président.
Dans le même ordre, il en est de même des échauffourées survenues à Sangmelima, dans le Sud, entre les populations autochtones et les commerçants Bamoun ; dans le département du Noun, entre les Bamouns et les Tikars, sans oublier les conflits réguliers entre éleveurs et agriculteurs dans les régions de l’Adamaoua et du Nord-Ouest, ou encore à l’Est entre réfugiés centrafricains et populations autochtones de Garoua-Boulaï (département du Lom et Djerem) et de Kenzou (département de la Kadey).
En organisant ce colloque, la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme (Cnpbm) remplit ainsi l’une de ses missions régaliennes, à savoir « œuvrer à la promotion du bilinguisme, du multiculturalisme, dans l’optique de maintenir la paix, de consolider l’unité nationale du pays et de renforcer la volonté et la pratique quotidienne du vivre ensemble de ses populations », confère l’article 3 alinéa 1 du décret du 23 janvier 2017 portant création, organisation et fonctionnement de cette institution. Aussi, elle « devrait, entre autres missions (…) mener toute étude ou investigation et proposer toutes mesures de nature à renforcer le caractère bilingue et multiculturel du Cameroun », poursuit le texte.



