L’établissement vit au rythme d’une nouvelle dynamique avec l’engagement de produire de meilleurs résultats aux examens officiels.
Par Alain Ndanga
Silence de cimetière sur le campus du Collège privé laïc Nkuimy. Il est environ 10 heures ce 19 février 2025. Les rayons du soleil annonçant une canicule n’épargnent pas l’établissement situé en plein cœur de l’arrondissement de Douala 3e, non loin du lieu-dit « Rond-point Dakar ». La température ambiante avoisine déjà les 40 degrés. Le gardien est assis dans la guérite. Quelques élèves vont s’abreuver au point d’eau bien aménagé. La majorité de leurs paires sont en classe. En 2nde C par exemple, l’enseignante de physique, Angèle Gamgne, remet les copies d’une évaluation. Des élèves sont assidus et disciplinés aussi bien dans sa salle de classe que dans d’autres.

Assisté du surveillant général, Ghislain Aiderot Nyepsseu, le principal du collège, Victor Nestor Ngomadji, fait le tour du propriétaire. Il s’assure que tous les élèves sont présents et prennent régulièrement les cours. « Après le premier trimestre pas très reluisant, nous avons à cœur de booster le niveau des enfants », confie-t-il. « Et c’est un travail de proximité », ajoute-il.
En effet l’établissement est sous l’impulsion d’une nouvelle dynamique. Il est en train de repartir sur de nouvelles bases sur les plans de la pédagogie, des infrastructures, de la gestion managériale et de la gestion financière. Ceci est une source de réjouissance pour le principal. Il fait allusion aux bâtiments en état de vétusté auxquels il faut apporter une cure de jouvence. « Le fondateur nous a rassurés de ce que le collège connaîtra de grandes réformes, entre autres la réhabilitation des bâtiments qui répondront aux défis de l’heure », dévoile-t-il.
Il est question dans ce projet de soigner l’aspect physique de l’établissement. En l’état actuel, le collège est loin des effectifs de 60 élèves par classe. « Nous devons faire des progrès énormes pour accroître nos effectifs », relève le principal. La note salée étant que l’établissement a chuté à moins de 300 élèves de la 6e en terminale cette année. L’on veut atteindre, voire dépasser les 500 élèves lors de la prochaine année scolaire. Là, les responsables entendent mettre les bouchées doubles pour aller grignoter dans les trois lycées et des établissements privés situés dans le même périmètre. La stratégie managériale est de trouver des ressources pour payer les enseignants qui sont pour la plupart des professeurs des lycées. En outre, un accent devra être mis sur la discipline au sein de cet établissement qui est logé dans un quartier pas très recommandé.
Guy Wandji Nkuimy : « Nous travaillons en vue d’un partenariat avec le Collège Libermann »

L’actuel manager de cet établissement s’exprime sur les mesures visant à redorer le blason de cette école.
Par Alain Ndanga
Pouvez-vous nous présenter cet établissement privé pionnier dans l’arrondissement de Douala 3e ?
Le groupe scolaire Nkuimy a été créé en 1976 par notre père, de regrettée mémoire, le ministre Wandji Nkuimy. Après son rôle assumé en politique, il est revenu à son métier d’enseignant. Il a été député de la nation ensuite a occupé plusieurs postes ministériels. C’est donc en 1976 qu’il s’établit à Douala notamment dans l’arrondissement de Douala 3e.
Les quartiers Dakar et Soboum étaient à l’époque des zones marécageuses, on y accédait en saison pluvieuse par pirogue. Il a changé la nature de ces lieux et a décidé d’y ouvrir la première école appelée « Ecole de l’avenir », ensuite le « Groupe scolaire Nkuimy ». C’était la première école dans cette zone ayant formé de nombreux cadres et fonctionnaires.
Le groupe comptait plus de 3 000 élèves. Ma mère a pris le relais et a pu maintenir la barre pendant plusieurs années avant son départ. Le témoin est passé à Ndoumbe née Wandji Angèle, ma sœur cadette, qui a continué à maintenir le flambeau jusqu’à ce jour. Je dis aussi merci à ma jeune sœur qui a pu, malgré toutes les difficultés, maintenir le fonctionnement du groupe. Nous préparons la révolution du groupe scolaire : sa rénovation et sa réhabilitation.
Comment comptez-vous moderniser cet héritage familial de 47 ans ?
Les actions sont : la mise en place de l’enseignement du codage numérique avec un laboratoire professionnel, le partenariat avec les entreprises privées et les établissements scolaires locaux et internationaux de premier ordre, l’enseignement des langues nationales (fulfulde, duala, medumba et autres), la rénovation architecturale avec l’apport de meilleurs architectes et artisans liant tradition et modernité, le renforcement de l’association des anciens élèves du collège, la bonne structuration des clubs culture et sport, la relance des cours d’arts plastiques, visuels, de musique, théâtre, danse et d’autres expressions artistiques telles que la performance.
Nous travaillons pour un partenariat avec le collège Libermann qui nous accompagnera sur tous les plans.
Des reproches sont faits sur notre système éducatif. Comment sortir ce groupe des sentiers battus ?
Notre système éducatif est lourd et très théorique. Nous ne comptons pas donner l’impression que nous sommes dans un État différent. Les manuels scolaires sont ceux homologués par l’Etat pour le compte de l’année scolaire 2024/2025. C’est ce que nous ferons en plus de cela qui fera la différence. Il est question d’adapter ces manuels aux enseignements ciblés avec l’engagement d’aller vers l’entrepreneuriat ; donc former les élites de demain en contexte d’hostilité et de concurrence mondiale.
Nous remarquons que nos enseignants, pourtant sortis des écoles professionnelles, doivent être recyclés à l’utilisation du numérique. Il va s’en dire que nous mettrons à contribution des enseignants d’ailleurs. Ces stratégies nous permettront de retrouver notre première place ici à Douala 3e. Nous allons mettre l’accent sur le recyclage des enseignants, organiser des séminaires régulièrement, installer la fibre optique pour les cours connectés.



