Coalition de l’opposition : Le Mouvement réformateur propose une union parlementaire avant tout

Le parti que dirige Samuel Billong va à contre-courant des approches de l’Apc de Jean Michel Nintcheu et l’Atp d’Olivier Bile.


Par Cyril Essissima



Samuel Billong

S’agissant du projet de coalition des forces de l’opposition en vue de la présidentielle de 2025, le Mouvement réformateur ne parle certes pas de charrue avant les bœufs, mais c’est tout comme. Le bureau politique du parti que dirige Samuel Billong a donné sa position sur la question à l’issue de sa première session extraordinaire le 25 février dernier à Yaoundé.

Le communiqué final y relatif s’écarte formellement des offres politiques formulées d’une part par l’Alliance politique pour le changement (Apc) portée par le député Jean Michel Nintcheu, et d’autre part par l’Alliance pour une transition politique (Atp), initiative d’Olivier Bile.

Lire la position de l’UDC

A rappeler que l’Apc a d’ores et déjà choisi son candidat au scrutin présidentiel en la personne de Maurice Kamto, leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc). Tandis que la démarche de l’Atp consiste au préalable à mener un ensemble de consultations avec les forces politiques ainsi que la société civile en vue d’élaborer une stratégie pour renverser (démocratiquement) le régime de Paul Biya.

Pour la présidentielle on verra

Aucune de ces deux approches ne convainc le Mouvement réformateur qui appelle « les partis politiques, la société civile, les entreprises nationales et les particuliers à travailler ensemble pour la victoire des forces alternatives aux prochaines législatives prévues en 2025 afin de rendre possible le changement institutionnel et de gouvernance au Cameroun à travers l’Union pour une majorité parlementaire (Ump) ». En d’autres termes, explique Samuel Billong, « la priorité est une victoire aux législatives. Après, pour la présidentielle on verra. Mais il faut surtout comprendre que l’Ump répond aux insuffisances des deux autres coalitions Apc et Atp dans la mesure où la première (Apc du député Nintcheu) escamote les législatives qui viennent dans quelques mois pour faire une fixation sur la présidentielle avec un candidat désigné à priori ; et que la seconde (Atp du Pr. Olivier Bile) dit qu’en l’état, même en cas de mutualisation des forces de l’opposition, celle-ci ne peut pas gagner. C’est pourquoi elle appelle à une transition ».

Dernière chance

Le bureau politique du Mouvement réformateur estime d’ailleurs que « la prochaine élection législative est la dernière chance qui est offerte à la nation pour un changement pacifique au Cameroun ». Le parti lance également « un appel au sacrifice aux citoyens et à toutes les forces vives de la nation pour la victoire de l’Union pour une majorité parlementaire aux prochaines élections législatives ».

Dans sa conception, l’Ump est présentée comme un regroupement des partis politiques sur une base programmatique, de la société civile, des entreprises citoyennes et des particuliers qui sera doté d’un fond de trois milliards de FCfa pour garantir le changement au Cameroun.

À propos de l’APC et ATP