Coalition autour de Maurice Kamto : Cabral Libii répond à Jean Michel Nintcheu

Le président du Pcrn se dit favorable à une candidature unique de l’opposition, à condition que ce projet soit l’émanation d’une offre politique concertée entre les divers corps sociaux.


Par Cyril Essissima



Jean Michel Nintcheu # Cabral Libii

 

La position du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn) est sans équivoque à propos de la coalition de l’opposition autour de la candidature de Maurice Kamto en vue de l’élection présidentielle de 2025. Faisant suite à l’invitation de Jean Michel Nintcheu de rejoindre l’Alliance politique pour le changement (Apc), le président national du Pcrn, Cabral Libii, est resté constant sur cette question qui fait jaser depuis quelques semaines. « Plutôt que de présenter tout de go un candidat, nous devons d’abord nous entendre sur les principales réformes à faire, et ensuite trouver un ‘‘cheval de bataille’’ dont le profil sera dressé de façon concertée par les organisations politiques et civiles de la plate-forme de transition », a-t-il répondu dans sa lettre datée du 12 février 2024. Ce n’est que sur la base de ces préalables éclairés, ajoute le parlementaire, que « les militant(e)s et sympathisant(e)s et élu(e)s du Pcrn apporteraient sans réserve leur soutien au candidat du Mrc, s’il était choisi dans ce cadre-là ».

En posant ces conditions, Cabral Libii se remémore les années dites de « braises » où le candidat consensuel de l’opposition a fait vaciller le pouvoir du Rdpc. « Nous trouvons judicieux d’explorer l’idée historique structurante de transition politique, articulée autour de l’Arc-Cns (Alliance pour la reconstruction du Cameroun – Conférence nationale souveraine) du début des années 90 qui, ayant servi de rampe de lancement à l’Union pour le changement, avait élogieusement inspiré la candidature du Chairman du SDF Ni John Fru Ndi à l’élection présidentielle de 1992, pour une performance électorale jamais égalés depuis lors ». Les consultations entre divers « corps sociaux », d’après Cabral, devraient permettre d’élaborer « un Document d’offre politique de transition refondatrice (Doptr). C’est à cet objectif que répond la série de rencontres engagées avec d’autres acteurs de la scène politique par Olivier Bile, à travers son initiative d’une Alliance pour une transition politique (Atp).

Pour trancher, le leader du Pcrn pense que la stratégie d’un front commun face au Rdpc qui appelle déjà son candidat naturel Paul Biya, 91 ans dont 42 ans au pouvoir, à se représenter en 2025, ladite stratégie « doit l’emporter des considérations personnelles ». Autrement dit, précise Cabral Libii, « la plate-forme de transition devrait proposer à nos compatriotes, une démarche concertée de reconstruction du pays, et non un projet politique propre à une personne ou à un parti politique ».

De son côté, le président du Mrc, Maurice Kamto, s’est déjà saisi du flambeau à lui donné par Jean Michel Nintcheu, en acceptant d’être le porte-étendard de l’opposition face à Paul Biya en 2025 ou avant. Une offre qui n’arrange pas le président du Front des démocrates camerounais (Fdc). Dénis Émilien Atangana considère précisément que « l’idée de coalition de l’opposition en perspective à la prochaine élection présidentielle est certes bonne mais on ne peut se permettre de choisir un candidat unique de l’opposition provenant d’un parti politique qui ne peut malheureusement pas investir un candidat à l’élection présidentielle. A notre avis, seuls les leaders des partis politiques ayant des élus doivent prétendre à candidater à la candidature unique de l’opposition ». En effet, après avoir boycotté les élections législatives et municipales de février 2020, le Mrc, selon la loi, est dans l’incapacité de présenter un candidat au scrutin présidentiel à venir, à moins d’être présenté comme candidat à l’élection du président de la République par au moins trois 300 personnalités originaires de toutes les régions, à raison de 30 par région et possédant la qualité soit de membre du Parlement ou d’une Chambre consulaire, soit de conseiller régional ou de conseiller municipal, soit de chef traditionnel de premier degré » (article 121 du Code électoral.