Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères oppose aux accusations occidentales le nombre de plus en plus important de touristes dans cette région.

Par Cyril Essissima
Située dans le nord-ouest de la Chine, la région du Xinjiang est régulièrement citée dans des rapports américains et de certains pays occidentaux comme un territoire où s’applique (encore) le travail forcé. Chose que les autorités chinoises n’ont de cesse de démentir. Interrogé par plusieurs médias chinois, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Wang Wenbin, a balayé ses accusations, chiffres à l’appui pour démontrer la « vie heureuse des populations ».
Wang Wenbin prend pour argent comptant le nombre de plus en plus important de touristes qui visitent cette région encore appelée territoire autonome Ouïghours. A titre d’exemple, « au cours de l’année écoulée, le Xinjiang a reçu près de 400 délégations et groupes, soit plus de 4 300 visiteurs du Kazakhstan, du Kirghizstan, de l’Ouzbékistan, du Pakistan, de l’Indonésie, de la Malaisie, du Japon, de l’Égypte, de la France, de l’Allemagne, de la Suisse, du Canada, de la Ligue arabe, de l’Organisation de la coopération islamique et d’autres pays et organisations internationales », répond le porte-parole de la diplomatie chinoise. Ces visiteurs ont des profils diversifiés. « Certains d’entre eux sont des fonctionnaires, des diplomates, des personnalités religieuses, des experts, des érudits, des journalistes et de voyageurs ordinaires », a-t-il répondu à la chaîne CCTV.
Témoignage
Un tourisme qui ne se limite pas à l’admiration des paysages pittoresques de cette région désertique peuplée de musulmans, et où passait l’ancienne route de la soie reliant la Chine au Moyen-Orient. Wang Wenbin fait justement savoir qu’« ils (les touristes) ont écouté les sermons des religieux dans les mosquées et les instituts islamiques et ont expérimenté la préservation et la transmission de la culture traditionnelle du Xinjiang. Ils se sont rendus dans des usines, des entreprises et des exploitations agricoles locales pour en savoir plus sur la production et le développement du Xinjiang, et ont visité des maisons des gens ordinaires où ils ont pu observer la vie heureuse des personnes de divers groupes ethniques ».
Des arguments qui concordent avec le témoignage de Moiz Farooq, rédacteur en chef du Daily Ittehad Media Group. Ce dernier a visité le Xinjiang avec une délégation de médias et groupes de réflexion pakistanais le mois dernier. Il dit avoir vu « les musulmans mener une vie heureuse et jouir de la liberté religieuse, et que les soi-disant atrocités en matière de droits de l’homme au Xinjiang dont se plaignaient les États-Unis et certains pays occidentaux étaient totalement insoutenables », rapporte CCTV. Le journaliste est rejoint par Maxime Vivas, un écrivain français qui s’est rendu au Xinjiang pour la troisième fois en 2023. Il s’est demandé avec étonnement : « Si le gouvernement chinois démolit les mosquées à grande échelle et restreint la liberté de croyance religieuse, pourquoi a-t-il formé plus de 3 000 clercs chaque année ? »
Sanctions des États-Unis
Autres chiffres avancé par Wang Wenbin : une entreprise privée de confection dont plus de 95 % des employés appartenaient à des groupes ethniques minoritaires sur plus de 2200 personnes à la fin de l’année 2018, est presqu’en faillite en raison des sanctions imposées par les États-Unis et d’autres pays occidentaux. Notamment, « les principaux partenaires commerciaux de l’entreprise ont annulé toutes leurs commandes pour 2019, ce qui a entraîné une perte de plus de 10 millions de yuans et une réduction du nombre d’employés à plus de 500 employés. À l’heure actuelle, l’usine et les équipements de l’entreprise sont pour la plupart inutilisés et l’entreprise se maintient à peine ses activités grâce aux commandes nationales », regrette le diplomate. Autre exemple, « une entreprise d’accessoires capillaires du Xinjiang, avant les sanctions, avait une capacité de production annuelle de 50 millions d’élastiques à cheveux et une exportation annuelle de 30 millions de dollars, ce qui contribue de manière significative à l’emploi local. Après les sanctions imposées par les États-Unis, l’entreprise n’a pas pu procéder au recouvrement normal des paiements et des devises, sa production et son fonctionnement ont continué à se détériorer, et le nombre de commandes a diminué de 40 % », fustige encore le porte-parole.
Du reste, Wang Wenbin maintient néanmoins que « le Xinjiang gardera sa porte ouverte au monde » et invite « sincèrement » davantage de pays à visiter cette région pour constater par eux-mêmes « son charme, son harmonie et sa prospérité », s’est-il confié au journal China Daily. Il trouve par ailleurs curieux que certains pays soient prompts à répandre « des mensonges et des rumeurs sur le prétendu génocide et le travail forcé au Xinjiang, tout en fermant les yeux sur les tragédies humanitaires en cours dans des endroits tels que Gaza, ce qui met pleinement en évidence leur hypocrisie ».



